
Depuis son enfance, Quentin Dal Degan vit et respire le ferroviaire, bien que personne dans sa famille ne travaille dans ce secteur. « Mes grands-parents habitaient au pied de l’artère impériale, le Paris-Dijon. J’ai passé des vacances bercées par le roulis du fret et leurs coups de sifflet. Très jeune, je me suis lancé le défi d’avoir un salut des conducteurs, que ce soit à la main ou au klaxon. Puis je me suis mis à les photographier. Et plus je les voyais, plus je m’y intéressais, plus je souhaitais en connaître sur le domaine. Et très vite, j’ai compris que ce que j’avais devant les yeux était éphémère et allait être remplacé par d’autres choses. C’est là que je n’ai plus jamais décroché du ferroviaire » résume Quentin.
En 2021, après un bac scientifique, Quentin se lance dans une alternance au TechniNat, au dépôt de Chalindrey, où il prépare un BTS Maintenance des systèmes de production industrielle. Il y touche à tout : réparation de trains, dépannage de locomotives, gestion de flotte (création d’indicateurs informatiques pour le pilotage de la maintenance)… Son expérience est probante, et certaines missions restant à achever, il prolonge son alternance pour obtenir un diplôme d’ingénieur en génie Mécanique industriel, option maintenance. Il découvre aussi le volet stratégique de la maintenance, en développant des outils numériques pour analyser les flottes et gérer les budgets pour les clients Réseau, CMR et AEF.
« J’ai commencé à photographier les trains que je ne reverrais plus. »

Mais la passion de Quentin ne se limite pas au ferroviaire. Sapeur-pompier volontaire depuis 2014, il s’engage dans une vocation qui dépasse l’ordinaire : « J’ai choisi de devenir sapeur-pompier parce que je cherchais une activité originale et pleine de sens. À l’époque, c’était encore peu courant dans mon entourage. Cette formation était l’occasion d’allier sport, secourisme et manœuvres. Quand mes amis se retrouvaient à ne rien faire le samedi après-midi, je me réjouissais de pouvoir apprendre aux côtés des pompiers. » Aujourd’hui encore, il consacre une partie de son temps à sa mission de bénévole, notamment en animant des ateliers dans les écoles pour apprendre les gestes qui sauvent.
L’engagement de Quentin ne s’arrête pas là. À 17 ans, il fonde l’Association de Sauvegarde de la Ligne 26 (ASL 26), un projet ambitieux visant à revitaliser une ancienne voie ferrée reliant Troyes à St Florentin-Vergigny, en y développant un parcours de vélorail. « Nous avons commencé par défricher les 10 km de voie en trois ans, et aujourd’hui, notre association compte plus de 100 membres. C’est l’une des plus jeunes de l’Aube, et nous sommes très fiers de pouvoir bientôt proposer les premières circulations en vélorail. » L’association, en plus de son projet ferroviaire, gère un musée ferroviaire chez Quentin et sensibilise les jeunes au patrimoine à travers des animations scolaires.
En dehors de ses nombreuses activités, Quentin trouve le temps de nourrir sa passion pour la photographie. « J’ai commencé à photographier les trains que je ne reverrais plus. Au début, avec un simple appareil photo numérique, puis avec du matériel plus sophistiqué pour obtenir des souvenirs de qualité. Je ne photographie pas que du ferroviaire, j’ai aussi exploré d’autres styles photographiques pour avoir le terrain de jeu le plus vaste possible ! » .
Bien que son alternance se termine en juin prochain , Quentin a déjà un regard tourné vers l’avenir : « Je ne l’imagine pas ailleurs que dans le chemin de fer ! »
Votre lieu ressourçant ?
Une voiture Corail en mouvement. C’est mon refuge, mon moment de calme.
Vos sources d’inspiration ?
L’exploration de lieux oubliés, abandonnés ou cachés m’inspire. Ces endroits chargés d’histoire ont un charme particulier, et leur captation en photographie me permet de leur redonner vie.
Un secret sur vous à nous révéler ?
J’ai peur de ne pas être à la hauteur de mes supérieurs.
Un projet perso pour plus tard ?
Racheter une gare et la rénover, pour en faire un lieu de vie unique. Je rêve aussi d’une mission d’intérêt général à la SNCF, où je pourrais contribuer à redonner une image positive du groupe.
Quel disque emporteriez-vous sur une île déserte ?
Ça serait « Faded » d’Alan Walker.
Votre dernière lecture marquante ?
C’est « Un sac de billes » de Joseph Joffo.
Votre coup de cœur du moment ?
Il existe une association qui a réussi à rapatrier un matériel ferroviaire par la route. Cela me fascine, et j’aimerais relever ce défi moi-même. Si je pouvais rapatrier une petite voiture Corail pour l’installer sur ‘ma’ ligne, ce serait un rêve ! Et pourquoi pas la transformer un gîte ?!
Votre coup de colère du moment ?
La critique facile de ceux qui ne s’investissent pas et le manque de soutien aux associations de préservation du patrimoine en France.
Votre coup de chapeau du moment ?
À tous les bénévoles de l’ASL26 qui m’ont fait confiance depuis le début du projet, qui trouvent des solutions innovantes pour résoudre des problèmes auxquels je n’avais même pas pensé. Leur dévouement est bien plus gratifiant que tout salaire.