
Valérie Aubert, pionnière et déterminée, a su s’imposer dans un secteur ferroviaire, celui de la maintenance, où la place des femmes reste rare. De la mise en place de certifications en soudage à l’obtention du prestigieux diplôme d’experte soudeur, son parcours incarne l’excellence, la persévérance et l’ambition. Retour sur un parcours d’exception, forgé par des sacrifices et une volonté sans faille.
C’est en 2012 que Valérie Aubert fait son entrée à la SNCF, en alternance comme gestionnaire en organisation de la performance industrielle. Sa mission est ambitieuse : mettre en place une certification en soudage (NF EN 15085) dans un atelier de maintenance de wagons à Sotteville-lès-Rouen. Un défi technique qui devient le tremplin de toute sa carrière. Très vite, elle comprend que le soudage sera bien plus qu’un simple domaine de compétence : il sera sa spécialité.
Après deux années d’alternance réussies, Valérie prend un nouveau virage en rejoignant le Technicentre industriel de Rouen-Quatre-Mares, où, forte de son expérience, elle aide à la préparation de la mise en certification de l’établissement. Elle reviendra ensuite dans l’atelier de Sotteville pour se former et prendre les rênes de la responsabilité de la pratique en soudage (RPS).
Un tournant décisif intervient lors de la création du TechniNat, un centre de référence où l’on décide de renforcer l’équipe en ajoutant deux experts soudeurs pour maintenir les certifications et assurer la couverture nationale.
« J’ai voulu prouver à moi-même, mais aussi à ceux qui me soutiennent, que je pouvais aller aussi loin que n’importe quel homme. »

Forte de ses années d’expérience, Valérie choisit de relever un défi de taille : se former et obtenir le diplôme d’expert soudeur. Un défi de taille, mais une évidence pour elle : « Ce diplôme était l’aboutissement naturel de mon envie de progresser, mais aussi de faire reconnaître mes compétences à l’international. Toutefois, je ne m’attendais pas à l’intensité du parcours. « 5000 » pages à maîtriser, un savoir à interconnecter… C’était un défi total », confie-t-elle.
En 2023, Valérie débute sa formation pour obtenir son IWS (International Welding Specialist ) puis entame la partie technologique pour décrocher son IWT (International Welding Technologist ). Un investissement sans compromis : « Une semaine de cours par mois et le reste du temps, je jonglais entre travail et vie personnelle. C’est un diplôme qui demande un engagement total, et je me suis mis la pression, surtout qu’il me manquait certaines connaissances. Mais chaque effort a payé », raconte-t-elle.
En juillet 2024, elle obtient son diplôme et devient la première femme experte soudeur du groupe SNCF. Un exploit majeur dans un domaine dominé par les hommes. « C’est une immense fierté ! J’ai voulu prouver à moi-même, mais aussi à ceux qui me soutiennent, que je pouvais aller aussi loin que n’importe quel homme. Cette pression, je me l’étais mise toute seule. Mais je n’ai jamais ressenti cette pression de la part de mes collègues. Au contraire, le réseau de la coordination en soudage, exclusivement masculin, m’a soutenue sans réserve. Ils m’ont toujours considérée comme étant à ma place. En obtenant ce diplôme, je leur renvoie la confiance qu’ils m’ont donnée », confie Valérie avec émotion.
Ce succès est également une source de fierté pour ses trois filles, qui ont vu leur mère se battre pour son rêve. « Elles ont toujours compris mes sacrifices, mon stress et mes fatigues. Aujourd’hui, elles sont fières de moi et me considèrent comme une source d’inspiration », dit-elle avec un sourire lumineux.
La proposition de se lancer dans cette formation vient de son coordinateur principal en soudure du TechniNat. Pour Valérie, il était crucial d’être à la hauteur des attentes : « Il fallait que je réussisse pour épauler mon équipe et justifier la confiance de mes supérieurs », explique-t-elle. Aujourd’hui, Valérie occupe le poste stratégique de coordinatrice experte soudeur au TechniNat, où ses missions sont aussi variées que cruciales : répondre aux demandes clients, qualifier les soudeurs, créer des modes opératoires, superviser les audits internes et externes pour la certification en soudage sur sept sites du TechniNat.
« Tous les sacrifices – le temps passé, les week-ends, les vacances – en valent la peine. Ce diplôme, ce n’est pas seulement un papier, c’est la consécration d’années de travail acharné et de détermination », conclut-elle avec fierté.
Votre lieu ressourçant ?
Plus qu’un lieu précis, ce qui me ressource, ce sont les balades, que ce soit en forêt, en montagne ou en bord de mer.
Vos sources d’inspiration ?
Mes filles ! Elles m’ont appris à ne jamais abandonner. Aujourd’hui, elles sont fières de moi, et c’est un honneur de les inspirer à leur tour.
Un secret sur vous à nous révéler ?
Je gère une boîte mail avec 4 000 messages non traités ! Mais tous sont lus, c’est juste que certains attendent…
Un projet perso pour plus tard ?
Voyager à l’international. J’ai envie de découvrir de nouvelles cultures et d’élargir mes horizons pour grandir en tant que personne.
Quel disque emporteriez-vous sur une île déserte ?
Ça serait « I Want to Break Free » de Queen – c’est l’hymne de la liberté !
Votre dernière lecture marquante ?
C’est « Pas pour les filles » de Mélissa Plaza, que j’ai pu rencontrer à une journée SNCF Mixité. Son récit fait la preuve, avec une sélection en équipe de France de football, qu’on peut arriver à battre les stéréotypes du « pas pour les filles »
Votre coup de cœur du moment ?
Octobre Rose. Une cause qui me touche profondément et pour laquelle je m’investis pleinement. C’est important de se battre pour les autres.
Votre coup de colère du moment ?
Les mails qui arrivent plus vite que je n’ai le temps de les traiter ! Il n’y a jamais de pause pour réfléchir ou avancer…
Votre coup de chapeau du moment ?
Il va au réseau « SNCF mixité » qui, comme son nom l’indique, sait mettre en avant les femmes en incluant les hommes. Et toutes les femmes qui, à tous niveaux, se battent pour faire évoluer les mentalités en atteignant leurs objectifs de vie.