Skip to main content
Category

Avril 2019

Daniel CHAVANCE/ Directeur délégué Soutien Logistique et Technique / Agence d’Essai Ferroviaire à Vitry-sur-Seine

By Avril 2019
NUMÉRO 30 – MARS 2021

DANIEL CHAVANCE

DIRECTEUR DÉLÉGUÉ SOUTIEN LOGISTIQUE ET TECHNIQUE

AGENCE D'ESSAI FERROVIAIRE VITRY-SUR-SEINE

« Le globe-trotteur de l’AEF »


Lorsque Daniel ne court pas après le temps pour satisfaire aux besoins des équipes de l’AEF, il court le monde et ses pays lointains. Il rythme sa vie entre les essais ferroviaires et les essais personnels. Une cadence harmonieuse qui lui permet d’associer plaisir du travail et accomplissement personnel. Embarquement immédiat pour le portrait de Daniel qui ne compte plus les horizons parcourus…

Crédit photo – SNCF

Responsable soutien logistique et technique à l’Agence d’Essai Ferroviaire de Vitry-sur-Seine, Daniel manage une équipe de 45 personnes qui s’affairent à tout mettre en œuvre pour que les essais tant en France qu’à l’étranger se déroulent sans accros. Il ne s’agit pas seulement de fournir les moyens attendus, il faut aussi penser à tout ! Prévoir l’inattendu, anticiper le capteur défaillant et sa métrologie, l’ordinateur exsangue, la pièce à envoyer d’urgence, l’achat incontournable, la voiture de service indispensable. Il peut y avoir des périodes de pointe à l’AEF, et dans ces cas-là, hors de question pour Daniel et ses équipes d’avoir la tête dans les nuages. Il faut être extrêmement rigoureux et agile pour planifier au mieux les besoins pour les essais du RER NG par exemple. Ici, pour 5 rames à équiper, ce seront plusieurs semaines d’essais à dérouler ; et pour ce faire, ses équipes devront préparer tout le matériel utile. Il leur est arrivé également de fournir le matériel pour des essais à l’étranger, comme au Maroc par exemple pour les rames à grande vitesse « AL BORAQ ». Là encore, mieux vaut avoir les pieds sur terre pour penser avec les équipes d’essai au moindre détail qui pourrait coûter cher s’il est oublié, car acheminer hors d’Europe du matériel en souhaitant le voir revenir n’est pas une mince affaire. Faire des essais en ligne nécessite donc toute une organisation en amont qu’il convient de planifier avec de multiples interlocuteurs avant de pouvoir enfin faire la première mesure de captage, de comportement dynamique ou de freinage par exemple.

 

Une fois les mesures en boîte et les marches d’essai terminées, il faut rédiger les rapports d’essais ; là encore les équipes informatiques de Daniel développent des outils permettant au client de dépouiller à sa convenance de multiples données. Daniel gère également le bureau d’étude qui conçoit, dimensionne et fait réaliser des interfaces pour les bancs d’essais. Sous forme de dessins techniques, les équipes imaginent des capteurs et les font fabriquer à l’externe. Au bureau d’étude, on recycle aussi les anciens montages : tout est bon pour réduire les coûts des essais ; un organe peut être équipé de capteurs et hop, on évalue ainsi la charge par la mesure de micro-déformations, bien vu !
L’exercice peut aussi se faire avec des pantographes pour évaluer le déplacement ou les accélérations subies. Faut-il encore savoir où installer précisément ces capteurs, là est toute la difficulté et le savoir-faire des équipes de Daniel. Parmi ses nombreuses missions, il compte aussi la gestion du domaine de l’AEF et de ses bâtiments. 4 hectares sur lesquels il faut maintenir les bancs de tests et les moderniser au besoin, pour être toujours au plus proche de la qualité et donc de la satisfaction client.

Les journées de Daniel sont rythmées et ce n’est pas ce qui fait peur à ce globe-trotteur qui a l’habitude des timings et le sens de l’organisation. Réunion 5 minutes du matin avec l’ED AEF, et en début d’après-midi avec ses équipes pour faire le point sur les problèmes de production, revue de processus, point sur une affaire, rencontre client, revue de projet, suivi financier, agenda classique d’une journée classique. Daniel accompagne divers profils de métiers : métrologue, informaticien, acheteur, mécanicien, logisticien, électronicien. Ingénieur chimiste de formation, il a connu diverses fonctions à l’AEF, et cela l’aide au quotidien dans sa méthode de management pour guider au mieux ses collaborateurs. Il participe au maintien des compétences de l’AEF en « veillant » les mouvements au sein des équipes et anticipe les départs et autant que possible les arrivées. Un poste riche et varié qui lui plaît et qui vient canaliser son besoin d’évasion. Voilà presque 20 ans qu’il évolue au sein de l’AEF sur différents métiers ; et Daniel a entrecoupé sa vie professionnelle par des voyages et séjours à l’étranger. Il a parcouru la Nouvelle-Zélande durant une année avec sa famille puis vécu en Amérique du sud et au Moyen-Orient pendant deux ans, après avoir accompli un tour du monde à moto dans ses jeunes années. Il a traversé l’Afrique, l’Amérique du Sud, Centrale et du Nord puis a enchaîné avec l’Australie et est revenu en Europe par l’Asie, l’Inde, le Pakistan, l’Iran et la Turquie. Pour sa carrière, ces voyages lui ont été très bénéfiques. Il a ainsi pu mesurer la dimension de chaque jour et a compris que demain appartient à celui qui vit aujourd’hui. En nomade, Daniel est toujours revenu à la source, la France et l’AEF : « Ces bouffées d’oxygène me redonnaient de l’énergie pour bosser. Je dois énormément à mon entreprise de m’avoir permis de faire ces escapades ». Une philosophie de vie que Daniel n’est pas près d’abandonner !

Le parcours de Daniel CHAVANCE en 5 dates

1982

Embauche au Laboratoire de Levallois en tant que chimiste

2003

Responsable Qualité de l’AEF

2012

Responsable industriel au Laboratoire et aux essais à poste fixe

2015

Directeur délégué activité soutien logistique et technique

2025

Amarrer mon voilier au ponton du port d’Auckland

3 questions à Daniel CHAVANCE

UNE CARACTERISTIQUE, UN MOT, UN DICTON

« Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. » Albert CAMUS

Cet article existe en version PDF

Téléchargez ce numéro

Jérémy LEPELTIER / EXPERT MÉCANIQUE

By Avril 2019
NUMÉRO 01 – AVRIL 2019

JEREMY LEPELTIER

EXPERT MÉCANIQUE

TECHNICAMPUS

Passionné de mécanique et de technique, Jérémy Lepeltier a travaillé pendant près de 10 ans dans une grande écurie automobile avant de rejoindre en 2014 les paddocks de la SNCF. Après avoir été formateur en mécanique au Technicampus, il y travaille aujourd’hui en tant qu’ingénieur pédagogique.

Crédit photo Adrien Dasté

Il en a eu assez des tours de circuits et des arrêts au stand de 30 secondes chrono. L’envie aussi de se confronter à des matériels autrement plus lourds et complexes qu’une voiture, tout en gardant la vitesse et l’endurance en ligne de mire… L’amélioration de la performance mécanique : voilà ce qui anime Jérémy. Car en Formule 1, comme pour les TGV, ce sont souvent les petits détails qui font les grandes victoires. Jérémy est à l’origine de l’une d’entre elles.

En 2014, lors des sessions de formation qu’il anime, des stagiaires lui font remonter que de nombreuses pièces comportant un taraudage1 sont mises au rebut alors qu’elles seraient réparables. Un problème que Jérémy a déjà rencontré dans l’automobile, où l’on utilise un « filet rapporté », une pièce cylindrique, en acier inoxydable et pouvant s’insérer dans des pièces en aluminium ou en acier afin d’y accueillir la vis. Cela permet en plus de consolider la pièce dans laquelle elle est installée. Mais cette solution est-elle applicable aux trains, des engins de taille et de poids bien supérieur ?

S’engage alors un travail de longue haleine : il recense les quelques établissements qui utilisent déjà cette solution, mais sans en maitriser encore toute la technique, contacte ensuite des fabricants et calcule le gain financier pour l’entreprise. Pour l’accompagner dans ce recensement ainsi que dans la création des documents de maintenance,  un groupe de travail est monté avec d’autres experts du Matériel. Il aboutit ainsi à un « filet rapporté » adapté au ferroviaire. Reste encore à l’industrialiser et le diffuser largement dans l’entreprise, pas toujours évident. Heureusement, « ma présence au Technicampus m’a permis d’avoir un rayonnement national » explique-t-il, ce qui a rendu possible la généralisation de cette solution. Désormais, un document de maintenance est rédigé pour l’ingénierie, des process d’applications sont disponibles et 300 agents ont été formés à cette solution.

« Innover c’est avant tout créer du lien », constate Jérémy en bon formateur.

Pour lui, innover c’est moins inventer une technique que partager les solutions, créer du lien entre l’interne et l’externe, entre les collaborateurs. Pour cela, il faut valoriser les essais, les tests, au risque parfois d’échouer.
Mais cela peut être payant : en seulement trois ans, Jérémy est passé d’une simple idée à une innovation déployée largement et permettant un gain d’un million d’euros2 pour SNCF. Avec en prime un bénéfice écologique : les pièces vivent plus longtemps et sont désormais, lorsque c’est possible, réparées et non plus jetées. Cela règle aussi les problèmes d’approvisionnements de pièces, réguliers avec des trains qui vivent une quarantaine d’années. Bref, un « coup du chapeau », un « hat-trick » comme on dit en Formule 1, qui permet à la SNCF de conforter sa pole position.

1 Taraudage : Le taraudage correspond à la partie de la pièce dans laquelle s’insère une vis.
2 Montant estimé suite à l’application de cette nouvelle méthode de maintenance, aux moteurs tractions de vingt-deux séries d’engins moteurs TGV en 2018.

Le parcours de Jérémy Lepeltier en 4 dates

2004

Technicien puis équivalent DPX durant 10 ans au sein d’une écurie automobile

2014

Formateur en mécanique au Technicampus

2019

Ingénieur pédagogique et de formations en mécanique et soudure

2025

Responsable d’un Lab Innovation à la SNCF ?

3 questions à Jérémy Lepeltier

UNE CARACTERISTIQUE, UN MOT, UN DICTON

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »
Confucius

Cet article existe en version PDF

Téléchargez ce numéro