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Mai 2019

Maxime LAMAMY – Expert mécanique

By Mai 2019, Mai 2020, Mai 2021, Mai 2022, Mai 2024, Mai 2025, Mai 2026
NUMÉRO 69 – MAI 2026

Maxime Lamamy - Expert mécanique

Cluster Ingénierie Ouest

Issu d’un parcours en génie mécanique et en gestion de projet industriel, Maxime découvre cette spécialité au fil de son expérience, presque par hasard. Une voie inattendue, devenue aujourd’hui un terrain de jeu technique à part entière. « Rien ne me prédestinait à devenir référent masse… c’est un métier où il faut s’adapter en permanence”.

+ Un rôle clé entre mécanique et maîtrise de la masse

Dans son quotidien, Maxime Lamamy jongle entre conception mécanique et surveillance de la masse des trains. Il accompagne les équipes d’ingénieurs pour s’assurer que chaque pièce, chaque assemblage boulonné, résiste parfaitement aux contraintes ferroviaires… Mais (il y a toujours un “mais”) en parallèle, il doit garder un œil de lynx sur la masse totale des matériels roulants.

Chaque modification, aussi minime soit-elle, est analysée et tracée. Ajouter une prise USB, remplacer un siège ou intégrer un nouvel équipement technique a un impact direct sur la masse globale du train. Or, celle-ci est strictement encadrée.

« Je trace chaque ajout de masse et je vérifie qu’on reste dans les limites autorisées. Un train ne doit pas dépasser une certaine masse à l’essieu pour pouvoir circuler » explique Maxime. Son rôle est donc essentiel pour garantir que toutes les évolutions restent compatibles avec les exigences du réseau ferré français.

+ Un équilibre à préserver

Un train n’est pas figé. Sur une durée de vie d’environ 30 ans, il évolue constamment au gré des besoins techniques, réglementaires ou liés au confort des voyageurs. Ces évolutions, mises bout à bout, peuvent rapidement peser lourd…

Sans un suivi rigoureux, le risque est réel : dépasser les seuils autorisés et compromettre la circulation. « Sur toute la vie d’un engin, on accumule des modifications. L’enjeu, c’est de tout tracer pour être sûr de rester conforme ». Dans certains cas, les contraintes sont telles qu’il faut faire des choix. « Il nous est déjà arrivé de devoir dire non à des demandes clients ou de retirer des éléments pour en ajouter d’autres et ajuster la balance. Si un train est trop lourd, on doit trouver des solutions : rééquilibrer la masse, retirer certains éléments ou proposer des alternatives ». Un véritable exercice d’équilibriste, d’autant plus complexe que les matériels récents sont aujourd’hui déjà très proches des limites admissibles. Chaque kilogramme devient alors un levier stratégique. Ce travail d’analyse et d’adaptation place la fonction de référent masse au cœur des enjeux de sécurité, de fiabilité mais aussi de performance du matériel roulant.

+ Le Fab Lab : un terrain d’innovation concret

Maxime est également référent en fabrication additive. Au cœur du FabLab, il exploite l’impression 3D et le scan 3D pour répondre aux besoins concrets du terrain. Ces technologies permettent de produire rapidement des pièces, de créer des prototypes ou même de recréer des composants à partir d’éléments existants, surtout quand les plans sont absents ou que les quantités sont limitées.

« On peut fabriquer des pièces pour dépanner ou tester des solutions sur le terrain, sans attendre un fournisseur », explique-t-il. Cette approche offre un double avantage : plus de réactivité et une meilleure optimisation des stocks et des processus de maintenance.

« Si un train est trop lourd, on doit trouver des solutions »

+ Une anecdote

« La première fois que j’ai dû traiter un sujet de réduction de masse ferroviaire, j’ai dû expliquer à un client qu’on devait retirer un siège pour gagner en poids et rajouter un autre élément à la place qui pèsera moins lourd que le siège et son passager !« 

Votre coup de colère du moment ?

La faible quantité de contrôle qualité sur les pièces qu’on reçoit de nos fournisseurs internes ou externes !

Votre coup de cœur du moment ?

Le travail que je fais actuellement avec mes collègues du CIM et de l’informatique au CIO sur le développement de l’application « Mass Affect », qu’on souhaitait faire depuis longtemps pour simplifier la gestion de la masse des engins ferroviaires.

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Arnaud GURHEM / EXPERT ESSIEUX

By Mai 2019
NUMÉRO 02 – MAI 2019

ARNAUD GURHEM

EXPERT ESSIEUX

CAMPRA

La crise essieux survenue en 2010 a été résolue collectivement, grâce à l’engagement des équipes des TM de Paris- Nord et de Villeneuve. Le portrait présenté ici ne minimise en rien cette mobilisation.

« Roue qui tourne ne rouille pas » dit un proverbe grec. Ce pourrait être le mantra d’Arnaud Gurhem. Avec son catogan plaqué en arrière et ses tatouages, le technicien détonne. A force de travail et d’acharnement, l’ancien mécanicien est devenu expert essieu au sein de la direction du Matériel. Son défi quotidien ? Adapter les règles de maintenance et l’organisation du travail à l’innovation, pour ne pas rater le train du progrès et faire en sorte que la roue tourne en faveur de SNCF.

Crédit photo SNCF

20 petites secondes.
C’est le temps qu’il faut aujourd’hui pour contrôler les centaines de roues d’un TGV et les essieux qui les relient. Une prouesse technique, en passe d’être industrialisée, et sur laquelle Arnaud travaille depuis 2015. En partant de bancs de maintenance utilisés aux Etats-Unis pour le fret, il a réalisé des bancs adaptés à la grande vitesse, avec un système de détection par laser et caméras. Ainsi, le TGV circule à 30 km/h sur le banc et tous les essieux sont auscultés en 20 secondes. Auparavant, il fallait arrêter le train plusieurs heures pour prendre les mesures manuellement.

« Il y a une technologie qui fait qu’il faut toujours aller plus vite, on s’adapte pour garder notre travail », explique Arnaud.

Ses gains de productivité sont, pour lui, la condition sine qua non du maintien de la performance de SNCF et plus largement de l’avenir des cheminots.

Cette conviction, il la tient des « crises » qu’il a eu à gérer depuis son arrivée à SNCF en 1997. La roue du progrès a parfois quelques bosses et accrocs en avançant…

En 2010, il doit faire face à une très grave crise essieux sur la ligne D. A l’époque, on craint même de devoir mettre à l’arrêt les 155 trains de la ligne. Arnaud, alors rapporteur mécanique à Paris Est, est appelé par le directeur Transilien et résout l’incident. Idem plus récemment, en juillet 2017, lorsqu’un problème impacte des Transilien à la gare St Lazare. Dans l’atelier de maintenance, les trains entrent en flux continu avec les mêmes défauts aux roues, alors que la plupart étaient en bon état deux mois auparavant. En cause : une modification de parcours qui a entraîné plus de freinages et d’accélérations qu’à l’ordinaire. Pour répondre à l’urgence, Arnaud conçoit en une semaine un nouveau plan de maintenance.

« L’innovation est allée plus vite que l’organisation, il faut donc changer le système de management assez vite pour suivre les évolutions » estime-t-il.

Or, la roue de l’innovation ne s’arrête jamais de tourner.
L’équipe projet à laquelle il appartient travaille déjà sur un banc de maintenance permettant de contrôler l’intégralité d’un train (caisses, pantographes, organes de frein, etc). En 2015, il a également remporté le Prix de l’Innovation, grâce à son application « Dojo » – clin d’oeil à sa passion pour les arts martiaux – qui répertorie les différents défauts des essieux et facilite le travail de maintenance.

Le parcours d’Arnaud Gurhem en 5 dates

1997

Agent au tour en fosse de Paris Nord

2000

Diplômé d’un DUT en génie industriel / maintenance

2005

Rapporteur mécanique à Paris-Est

2011

Expert essieux à la direction du Matériel

2025

Diffuser les nouvelles technologies dans tous les établissements Matériel

3 questions à Arnaud Gurhem

UNE CARACTERISTIQUE, UN MOT, UN DICTON

« Je suis rentré à la SNCF complétement par hasard, puis j’y ai trouvé des gens qui sont devenus des amis. »

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