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Coumba COULIBALY – Responsable Qualification BORD et Référente ERTMS NExTEO E – CIM

By Juillet 2026
NUMÉRO 71 – JUILLET 2026

Coumba COULIBALY - Responsable Qualification BORD et Référente ERTMS NExTEO E

Centre d’Ingénierie du Matériel

C’est au tournant des années 2010 que Coumba Coulibaly rejoint la SNCF. D’abord pour un stage de fin d’études dans l’équipe BATIR (Banc Automatique de Test et d’Intégration Reconfigurable) du Technicentre Industriel d’Hellemmes, après un DUT GEII (Génie Électrique et Informatique Industrielle) et l’école d’ingénieur Polytech à Lille, avec une spécialisation en informatique et micro-électronique. Elle rejoint au sein du Cluster Ingénierie Nord, le Pôle PIEQS (Pôle Ingénierie et Equipements de Sécurité) : « Cette première expérience m’a permis de me familiariser avec tous les équipements de sécurité à bord : l’aide à la conduite, les systèmes embarqués… Il fallait analyser des incidents sur tous types de matériels roulants. »

Mais Coumba a envie de faire plus, de s’impliquer plus et en profondeur. Aussi, elle rejoint le Centre d’Ingénierie du Matériel, au Mans, en 2014. Quand on lui demande si elle se sent à l’aise dans un environnement encore très masculin, elle répond du tac au tac : « Je suis d’origine malienne, et dans beaucoup de familles, on nous éduque, nous les filles, à devenir de bonnes épouses et à s’orienter vers des métiers encore trop souvent qualifiés, à tort, de « féminins ». Une perception directement liée à la persistance des stéréotypes et à la sous-représentation des femmes. Mon parcours détonne dans l’environnement familial mais, paradoxalement, ça m’a bien servi : « J’ai grandi avec 6 frères, dans un environnement très masculin, donc je ne me laisse pas facilement impressionner !»

En parallèle, deux ans après son embauche, Coumba rejoint le réseau SNCF Mixité : « Le déclic, ça a été la conférence « OSER », ça a déclenché une révolution en moi. » Et Coumba ose : elle demande un changement de poste et rejoint le projet NExTEO, le nouveau système d’automatisation, de contrôle et de supervision des trains pour transformer l’exploitation de la ligne de RER E. Puis elle passe référente sur l’ERTMS*, toujours dans sa dynamique de s’auto-challenger.

*L’ERTMS, ou European Rail Traffic Management System, est le dispositif de signalisation ferroviaire commun à l’ensemble des pays européens. Il permet des circulations transfrontalières en toute sécurité, sans changer de système ou de matériel roulant à la frontière.

Deux ans plus tard, elle devient responsable plateforme, en charge d’assurer l’installation des versions des différents logiciels d’automatisme et de vérifier la conformité des tests. Dans la continuité de sa volonté d’oser, Coumba remporte des prix « Coup de cœur » pour deux innovations déposées en 2021 : l’un au challenge InnovaTech organisé par l’association Elles Bougent, l’autre au challenge Innovation organisé par le CIM.

Depuis 2021, Coumba est responsable de la Qualification BORD NExTEO E. À ce titre, elle coordonne une équipe dédiée et supervise les activités visant à valider les fonctionnalités attendues du système, dont la mise en service est prévue prochainement.

Dans la continuité de son engagement au sein du réseau SNCF Mixité, Coumba est devenue référente Mixité pour le CIM. Cette année, elle a initié et structuré, au sein du CIM, un groupe de travail « MIXIM » rassemblant des profils variés (communication, RSE, etc.), avec pour objectif de renforcer l’efficacité des actions en faveur de la mixité. Cette dynamique a notamment abouti à la création d’un logo interne :

Il incarne et donne une visibilité concrète à cette démarche. Elle anime des interventions dans les établissements scolaires pour encourager les filles à se tourner vers des métiers techniques : « J’ai pu avoir la carrière que j’ai grâce à des exemples de femmes ingénieures noires dont les trajectoires et les origines faisaient écho aux miennes, et qui ont contribué à ouvrir le champ des possibles. », et elle a à cœur de continuer à donner l’exemple. Quand on lui demande où elle se voit plus tard, Coumba répond avec le sourire : « J’aime transmettre, animer des échanges, motiver les gens et la technique ! » À bon entendeur…

Votre coup de colère du moment ?

C’est l’inégalité sous toutes ses formes : pas qu’entre homme et femme, mais le racisme, le sexisme, les propos homophobes… Le fait que ça existe toujours en 2026 m’indigne.

Votre coup de cœur du moment ?

J’ose enfin faire des sorties en solo ou en groupe pour des loisirs ! Cela me fait beaucoup de bien. J’ai décidé de ritualiser ça une fois par mois.

Votre coup de chapeau du moment ?

Il revient à notre équipe et aux différentes équipes partenaires avec lesquelles nous collaborons. Le projet, par ses nombreux rebonds, nous met régulièrement au défi : à chaque obstacle, nous avons su nous adapter et progresser ensemble. Je suis fière d’avoir contribué à instaurer cette entente et cette coopération autour d’un projet très technique impliquant de nombreux interlocuteurs.

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Julien COUTANT – Adjoint Dirigeant d’Unité Opérationnelle

By Juin 2026
NUMÉRO 70 – JUIN 2026

Julien COUTANT - Adjoint Dirigeant d'Unité Opérationnelle

Technicentre Industriel Nevers Languedoc

Nivernais pur souche, c’est pourtant le hasard qui remet Julien en 2018 sur les rails du ferroviaire à Nevers : « Je devais faire un stage pour finaliser mon parcours en école d’Ingénieurs, à Poitiers, j’ai opté pour la SNCF parce que ça me permettait de revenir chez moi. Je ne connaissais absolument pas le Technicentre industriel de Nevers avant ça. On peut dire que ce stage m’aura bien plu, car je suis toujours là 8 ans plus tard ! »

Et les compétences de Julien ont bien plu au Technicentre aussi, car son parcours témoigne des possibilités d’évolution qu’offre la SNCF : arrivé en tant que stagiaire, s’en suit un passage en intérim puis une embauche en juillet 2020. Le fil rouge de ses postes s’articule autour des outils numériques et de l’amélioration continue : au cours de ses missions, Julien participe aux déploiements des outils numériques phares tels que OnTime* et REFLEX**, mais aussi à la mise en place et l’industrialisation de la chaîne ZTER qui a mobilisé le TI Nevers Languedoc entre 2020 et 2025.

*application de planification de maintenance des pièces ferroviaires réparables
** outil de gestion entrepôt qui permet la gestion des stocks et les missions des acteurs de la logistique, entre autres.

Désormais ADUO*** de l’Unité Opérationnelle « Support Production » au Technicentre industriel Nevers Languedoc, Julien impute son parcours express aux passerelles et formations que propose l’entreprise : « La SNCF est une entreprise qui permet d’évoluer, que ce soit en pro ou en perso, mais surtout en tenant compte de l’humain. L’offre de formation sur la gestion humaine est très riche, elle permet de grandir, d’apprendre à gérer les facteurs humains, y compris les siens ».

***Adjoint à la direction d’une unité opérationnelle

Être attentif aux signaux faibles, c’est le deuxième métier de Julien. Il est arbitre de courses cyclistes depuis 2013 : « ça a commencé avec le Tour Nivernais-Morvan, j’avais 15 ou 16 ans et quelqu’un a remarqué que j’étais très attentif à la course. Il m’a donné quelques éléments concernant l’arbitrage, ça m’a mis le pied à l’étrier et c’est devenu une passion. Le travail de l’arbitre est de repérer les fautes, des coureurs qui restent accrochés à une voiture ou qui bénéficient d’aide. On navigue dans toute la colonne des coureurs, il faut avoir des yeux partout et rester concentré, quelle que soit la météo. On observe aussi le matériel, on vérifie sa conformité avec le règlement de la course », explique Julien.

« Être arbitre m’a permis de développer des compétences précieuses au travail »

Comme pour le pro, Julien évolue vite dans le milieu. Après un premier examen en 2013, il devient arbitre régional. Un autre concours en 2016 le fait accéder au grade d’arbitre national. Puis, en 2020, il se lance et devient commissaire national élite, ce qui lui permet de faire toutes les courses internationales en France et à l’étranger (sur dérogation).

« La France est le pays où il y a le plus de courses cyclistes, et j’ai pu participer à de belles choses : mon premier Tour de France en 2022, mon deuxième en 2025, j’ai également été arbitre de vélo sur piste pour les Jeux de Paris en 2024. Côté international, j’ai pu arbitrer une compétition de cyclo-cross en Grèce, après avoir obtenu le diplôme international de cette discipline en 2024 », énumère Julien.

« C’est une passion qui me prend du temps, à raison de 40 à 50 jours par an. J’envoie le planning de mes disponibilités et le jury me sélectionne en fonction de mes capacités, de mes diplômes en arbitrage et de ma disponibilité. En parallèle, il y a le travail à faire pour connaître la réglementation des courses », détaille Julien.

Mais il y a également un travail personnel à faire sur soi : « Il faut arriver à gérer la pression psychologique quand notre travail est scruté par les médias : une erreur de notre part peut prendre des proportions énormes ! Mais aussi la fatigue physique après plusieurs semaines sur les routes, le fait de devoir rester neutre, ne pas prendre parti et d’être le plus juste possible. Au final, des compétences aussi précieuses en course qu’au travail ! », souligne Julien.

Julien (avec le casque rouge sur la moto), lors du Tour de France 2022, derrière Yves Lampaert

Votre coup de colère du moment ?

Je ne me laisse pas arrêter par les coups de colère. Je préfère rester positif et continuer d’avancer. Je pense que la vie est faite d’émotions variées : on aura toujours des moments plus stressants ou fatigants que d’autres

Votre coup de cœur du moment ?

il va au Stade Toulousain, une équipe qui reste à un très haut niveau. Ils sont premiers en termes de saison régulière, c’est la première équipe à fournir en effectifs le XV de France… c’est une belle régularité dans les performances, c’est inspirant !

Votre coup de chapeau du moment ?

Je le tire aux équipes du TI, pour le changement qu’il y a eu au sein de l’établissement avec le programme OPTER. Entre 2025 et 2026, on a fait une grosse montée en maturité, et on réussit à tenir les plannings. On peut être fiers de ce qu’on réalise en TI ! Et c’est important d’en parler car il faut montrer qu’on a toutes les compétences avec notre marché qui s’ouvre à la concurrence.

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Maxime LAMAMY – Expert mécanique

By Mai 2019, Mai 2020, Mai 2021, Mai 2022, Mai 2024, Mai 2025, Mai 2026
NUMÉRO 69 – MAI 2026

Maxime Lamamy - Expert mécanique

Cluster Ingénierie Ouest

Issu d’un parcours en génie mécanique et en gestion de projet industriel, Maxime découvre cette spécialité au fil de son expérience, presque par hasard. Une voie inattendue, devenue aujourd’hui un terrain de jeu technique à part entière. « Rien ne me prédestinait à devenir référent masse… c’est un métier où il faut s’adapter en permanence”.

+ Un rôle clé entre mécanique et maîtrise de la masse

Dans son quotidien, Maxime Lamamy jongle entre conception mécanique et surveillance de la masse des trains. Il accompagne les équipes d’ingénieurs pour s’assurer que chaque pièce, chaque assemblage boulonné, résiste parfaitement aux contraintes ferroviaires… Mais (il y a toujours un “mais”) en parallèle, il doit garder un œil de lynx sur la masse totale des matériels roulants.

Chaque modification, aussi minime soit-elle, est analysée et tracée. Ajouter une prise USB, remplacer un siège ou intégrer un nouvel équipement technique a un impact direct sur la masse globale du train. Or, celle-ci est strictement encadrée.

« Je trace chaque ajout de masse et je vérifie qu’on reste dans les limites autorisées. Un train ne doit pas dépasser une certaine masse à l’essieu pour pouvoir circuler » explique Maxime. Son rôle est donc essentiel pour garantir que toutes les évolutions restent compatibles avec les exigences du réseau ferré français.

+ Un équilibre à préserver

Un train n’est pas figé. Sur une durée de vie d’environ 30 ans, il évolue constamment au gré des besoins techniques, réglementaires ou liés au confort des voyageurs. Ces évolutions, mises bout à bout, peuvent rapidement peser lourd…

Sans un suivi rigoureux, le risque est réel : dépasser les seuils autorisés et compromettre la circulation. « Sur toute la vie d’un engin, on accumule des modifications. L’enjeu, c’est de tout tracer pour être sûr de rester conforme ». Dans certains cas, les contraintes sont telles qu’il faut faire des choix. « Il nous est déjà arrivé de devoir dire non à des demandes clients ou de retirer des éléments pour en ajouter d’autres et ajuster la balance. Si un train est trop lourd, on doit trouver des solutions : rééquilibrer la masse, retirer certains éléments ou proposer des alternatives ». Un véritable exercice d’équilibriste, d’autant plus complexe que les matériels récents sont aujourd’hui déjà très proches des limites admissibles. Chaque kilogramme devient alors un levier stratégique. Ce travail d’analyse et d’adaptation place la fonction de référent masse au cœur des enjeux de sécurité, de fiabilité mais aussi de performance du matériel roulant.

+ Le Fab Lab : un terrain d’innovation concret

Maxime est également référent en fabrication additive. Au cœur du FabLab, il exploite l’impression 3D et le scan 3D pour répondre aux besoins concrets du terrain. Ces technologies permettent de produire rapidement des pièces, de créer des prototypes ou même de recréer des composants à partir d’éléments existants, surtout quand les plans sont absents ou que les quantités sont limitées.

« On peut fabriquer des pièces pour dépanner ou tester des solutions sur le terrain, sans attendre un fournisseur », explique-t-il. Cette approche offre un double avantage : plus de réactivité et une meilleure optimisation des stocks et des processus de maintenance.

« Si un train est trop lourd, on doit trouver des solutions »

+ Une anecdote

« La première fois que j’ai dû traiter un sujet de réduction de masse ferroviaire, j’ai dû expliquer à un client qu’on devait retirer un siège pour gagner en poids et rajouter un autre élément à la place qui pèsera moins lourd que le siège et son passager !« 

Votre coup de colère du moment ?

La faible quantité de contrôle qualité sur les pièces qu’on reçoit de nos fournisseurs internes ou externes !

Votre coup de cœur du moment ?

Le travail que je fais actuellement avec mes collègues du CIM et de l’informatique au CIO sur le développement de l’application « Mass Affect », qu’on souhaitait faire depuis longtemps pour simplifier la gestion de la masse des engins ferroviaires.

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Juline LHULLIER

Juline LHULLIER – Correspondante Innovation Technologique (IA & Veille)

By Avril 2019
NUMÉRO 68 – MARS 2026

Juline LHULLIER - Correspondante Innovation Technologique (IA & Veille)

CENTRE INGENIERIE DU MATERIEL

À 27 ans, Juline révolutionne l’ingénierie ferroviaire grâce à l’IA – et elle n’a pas fini de surprendre. En seulement trois ans chez SNCF, cette spécialiste en intelligence artificielle a marqué son domaine par un parcours aussi fulgurant qu’atypique. Entre projets techniques innovants, brevets déposés et engagements pour la mixité dans la tech, elle incarne une nouvelle génération d’ingénieures, à la croisée de l’expertise et de la transmission. Son credo ? « Inventer ce qui n’existe pas…et inspirer les talents de demain à en faire autant ».

+ Un parcours sinueux, une trajectoire éclair

« On a le droit de se tromper dans son orientation ». Pour Juline, cette conviction est née d’un parcours jalonné de réinventions. Bac scientifique en lycée agricole, études de médecine avortées, détour par l’assurance…C’est finalement une licence de mathématiques appliquées, suivie d’un master mêlant IA, mathématiques, programmation et économie, qui révèle sa voie. « Mon parcours n’a rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui, et c’est pour ça que je dis souvent à mes élèves qu’on a le droit de se tromper dans son orientation ». En 2022, elle rejoint SNCF comme chargée d’études, avant d’évoluer rapidement vers des missions de chargée d’affaires au sein de l’Ingénierie du Matériel. D’ici l’été 2026, elle endossera un nouveau rôle clé : celui de Correspondante Innovation Technologique (IA & Veille) à la DSI-M. « Je n’étais absolument pas destinée au ferroviaire. Si on me l’avait dit il y a cinq ans, je ne l’aurais jamais imaginé ! ».

+ L’IA au service du ferroviaire : quand la tech rencontre le terrain

Au Centre d’Ingénierie du Matériel (CIM), Juline et ses collègues développent des technologies de perception 2D et 3D appliquées au matériel
roulant pour l’analyse des espaces intérieurs et de l’environnement extérieur du train. Leur objectif ? Transformer des besoins métiers
concrets (maintenance, sécurité, expérience voyageurs) en solutions IA sur mesure. Son métier ? « Inventer ce qui n’existe pas ».
Pour y parvenir, Juline plonge dans les réalités opérationnelles avant de concevoir des algorithmes adaptés. « On est à l’interface entre les enjeux terrain, les équipes techniques et la recherche. Chaque projet nécessite une compréhension profonde du sujet avant d’imaginer la solution IA ». Illustration concrète : Son POC de détection automatique par vision IA (Deep Learning), présenté au Salon de la Data et de l’IA à Nantes (2025), permet d’identifier la zone de recharge rapide : le radiateur aérien de contact (RAC).

+ L’innovation comme moteur de carrière

En trois ans, Juline s’est imposée comme une figure de l’innovation interne, avec un palmarès éloquent :
Top 3 des déposants de brevets SNCF en 2025 (3 brevets à son actif).
Lauréate du Datathon 2025 (information voyageurs en situation perturbée).
Coup de coeur du Challenge Innovation 2024 (CIM).
Prix « Espoir » aux West Data Festival (catégorie Femmes de l’IA).
Intervention au WCRR 2025 (Colorado, USA) avec une publication sur « Towards Trustworthy Perception for Automatic Train Operation ».

Ces distinctions ne sont pas des trophées, mais « la preuve que l’IA peut propulser le ferroviaire français à l’avant-garde ».

+ Transmettre pour inspirer : l’engagement qui dépasse la tech

Pour Juline, l’innovation rime également avec transmission. « J’aime surtout les échanges avec les élèves : transmettre, mais aussi apprendre d’eux ». Chaque année, elle encadre des alternants et stagiaires et enseigne en école supérieure à l’ISMANS et à l’EPSI. « C’est important que des personnes qui travaillent dans l’innovation puissent échanger avec les étudiants : ce sont eux qui, demain, seront confrontés aux mêmes enjeux ». Elle intervient également dans des conférences internes et externes sur l’IA, explique avec pédagogie les technologies et leurs enjeux à des publics variés. Engagée pour la mixité dans la tech, elle fait partie du collectif « Les potentiELLES » (SNCF Mixité). Plusieurs fois par an, elle se rend dans des collèges et lycées pour parler des métiers de l’ingénierie et montrer aux filles comme aux garçons que les femmes ont toute leur place dans ces secteurs et qu’il est temps de casser les stéréotypes.

+ Curiosité, action et sens

Dans un secteur où les technologies évoluent rapidement, Juline s’intéresse particulièrement aux transformations liées à l’intelligence artificielle et à leurs implications dans l’industrie ferroviaire. Derrière les algorithmes se dessinent en effet des enjeux bien plus larges : souveraineté technologique, compétition industrielle entre grandes puissances ou encore impact énergétique des infrastructures numériques. L’intelligence artificielle s’inscrit aujourd’hui dans un écosystème technique, industriel et géopolitique en constante évolution. Sans se présenter comme spécialiste du sujet, Juline entretient une veille active pour mieux comprendre ces dynamiques et leurs effets sur les organisations. Une curiosité qu’elle cultive aussi à titre personnel : elle lit près de 200 livres par an et explore des domaines variés pour nourrir
sa réflexion. « Dans notre métier, la curiosité est essentielle. Les technologies évoluent vite et il faut rester attentif aux innovations pour comprendre les transformations en cours ».

Vous souhaitez en savoir plus et recevoir la veille de Juline ? Abonnez-vous à l’adresse mail suivantes : 

juline.lhullier@sncf.fr

Une anecdote marquante ?

Je suis plutôt hyperactive et j’ai essayé beaucoup de sports : cirque, gymnastique, course à pied, boxe, fitness, patinage…En ce moment, je me consacre surtout à la natation. Et pour l’anecdote, je participerai au triathlon Audencia–La Baule, avec Mathieu Ribourg et Loïc Queudrue !

Votre coup de cœur  ?

Ma participation au WCRR au Colorado : des conférences stimulantes et de belles rencontres

Votre coup de colère du moment ?

On me demande encore trop souvent si je suis stagiaire, alternante ou assistante. Il est temps d’arrêter d’associer jeunesse et femme à manque de légitimité.

Votre coup de chapeau ?

Je tire mon chapeau au CIM, qui regroupe de véritables encyclopédies du ferroviaire, je suis toujours impressionnée par leur niveau d’expertise. Certains collègues sont devenus des amis : Vincent Hochard et Louis Froger.

Mon mantra ?

La technologie façonne le monde, si les femmes n’y participent pas c’est la moitié du monde qui est oubliée.

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Boubaker El MOUTTAKI – Formateur Aux Gestes Métiers

By Janvier 2026

À 43 ans, marié et père de cinq enfants — un véritable atelier de team building à domicile — Boubaker El Mouttaki a derrière lui un parcours où la formation a toujours été un fil rouge. Vingt-sept ans chez Stellantis à former, encadrer, certifier. Puis une arrivée décisive à SNCF Voyageurs Matériel. Aujourd’hui,
il transforme la formation ferroviaire sur le terrain.

+ Du volant aux rails : un parcours qui change de voie

Chez Stellantis, Boubaker apprend tout : encadrer, transmettre, certifier. Puis il change de voie — littéralement. Recruté par SNCF Matériel
Voyageurs comme responsable formation rejoint l’Île-de-France. Son objectif : reconnecter la formation à l’essentiel — le geste métier. À son
arrivée dans les 10 Technicentres Industriels, le constat est clair : les nouveaux embauchés manquent d’accompagnement. Les gestes clés,
ceux qui garantissent sécurité et qualité, ne sont pas toujours formalisés. Alors Boubaker plonge dans les ateliers : observe, analyse, identifie ce qui fait la différence. « Être chargé de formation ? C’est rendre visible l’invisible : le geste qui change tout ».

+ Sur le terrain : écouter, observer, transmettre

Boubaker ne forme pas derrière un écran. Il est aux côtés des agents. Les responsables de formations qu’il a le plus accompagné sont Kévin
basé au technicentre de Bischheim, Christelle à Saint-Pierre-Des-Corps, Didier au technicentre de Quatre Mares, Raphael à Tergnier et Mathieu à Rennes. Ensemble, ils accompagnent et coachent les formateurs occasionnels pour qu’ils maîtrisent, expliquent et standardisent les gestes métiers essentiels. Lors de formations de deux jours, ils plongent au coeur des postes : comprendre le fonctionnement, identifier les gestes clés, définir ce qu’il faut savoir transmettre et construire les supports nécessaires. Leur objectif commun : rendre les gestes métiers visibles, clairs et parfaitement reproductibles par tous. Ce qui plaît le plus à Boubaker dans ce rôle, c’est d’être au contact des équipes, d’apprendre tous les jours, de transmettre et d’accompagner. « Partager des savoir-faire, former sur une tâche, transmettre les bons gestes : c’est super gratifiant », confie t-il. Pour lui, chaque formation est l’occasion d’apporter quelque chose de concret et utile au quotidien.

+ Apprendre autrement : préparer les agents de demain

C’est à l ’Université du Matériel (UDM) NIVEDM, véritable terrain de jeu, que Boubaker, apprend à traquer les non-conformités, à aller sur le terrain pour décortiquer, comprendre les problématiques des agents et co-construire des solutions concrètes, alliant pratique, vécu et approche “terrain first”. Il y utilise le TWI (Training with Industry), une méthode simple et efficace qui combine performance et approche humaine. Grâce à des outils concrets comme les tutoriels vidéo avec une approche 80 % visuelle et 20 % théorique, favorisant la compréhension et la mise en pratique immédiate. « Bref, on transforme des pros en pros ! ». Côté outils, les e-learning et la réalité augmentée restent encore peu développés, alors que ce sont clairement des leviers de la formation de demain. L’objectif sera d’évoluer et d’intégrer ces technologies tout en gardant l’humain au centre, car la transmission des gestes métiers se vit avant tout en face à face.

+ Le quotidien à travers leurs yeux

Au début, beaucoup d’apprenants sont un peu sceptiques. Mais une fois sur le terrain, ils voient vite la différence : ils se sentent plus sereins, plus efficaces, et comprennent l’intérêt de revenir aux bases du métier. Les fiches gestes métiers peuvent sembler « robustes » au départ, alors Boubaker prend le temps d’expliquer, de simplifier et de vulgariser. Le but : qu’ils soient bons du premier coup. Sur le terrain, la différence se fait sentir immédiatement. Une tâche qui pouvait prendre deux heures avec erreurs se réalise désormais en vingt minutes, correctement et sans stress.

Une anecdote marquante ?

Le jour où Katia NOWACZYK, Directrice des Ressources Humaines à la Direction Industrielle Matériel m’a recruté et m’a remis mon diplôme. Une boucle qui se referme joliment. Aujourd’hui, j’ai été à la hauteur de la confiance qu’elle a placée en moi.

Votre coup de cœur du moment ?

L’esprit d’entraide à la SNCF me touche profondément. Ici, les agents se soutiennent naturellement. Pour moi, mon travail doit refléter
ces valeurs : aider, agir, contribuer. C’est pourquoi je me suis engagé comme Volontaire Occasionnel d’Accompagnement (VOA) — un vrai clin d’oeil à l’intérêt général et à la solidarité qui font battre l’entreprise.

Votre coup de colère du moment ?

Le travail isolé, les process qui ralentissent l’efficacité. Je crois au travail en équipe, sur le terrain, pour fidéliser les agents et garantir la qualité. L’efficacité doit rimer avec collaboration !

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Hicham ACHAB – Chef de projet digital et innovation

By Septembre - octobre 2025
NUMÉRO 66 – SEPTEMBRE – OCTOBRE 2025

Hicham Achab – Chef de projet digital et innovation

Technicentre industriel de Bischheim

Derrière la voix posée et juvénile d’Hicham Achab se cache une solide expérience : « En décembre, je fêterai mes 30 ans d’activité ! », confie-t-il avec enthousiasme. Un parcours riche, guidé par la curiosité, le goût du collectif et une passion intacte pour « les choses qui roulent ».

+ Du monde automobile au ferroviaire : un virage réussi

Titulaire d’un BTS en industrialisation des produits mécaniques, Hicham débute sa carrière dans le secteur automobile, où il restera 16 années. Il y explore toutes les facettes du métier : concession, équipementier, constructeur… Cette expérience m’a permis d’acquérir de solides compétences en lean manufacturing et six sigma, deux leviers essentiels de l’excellence opérationnelle. Mais je m’intéressais déjà au ferroviaire. Intégrer la SNCF faisait partie de mes aspirations. »

Son rêve devient réalité en 2011, lorsqu’il rejoint le Technicentre industriel de Bischheim pour un poste de responsable d’industrialisation PRM. Un an plus tard, le Pôle Amélioration Continue est créé, Hicham rejoint ce service où il pilote des chantiers lean, la démarche d’innovation participative et de performance collective. « Je suis très fier de mon parcours et d’appartenir à une grande entreprise comme SNCF. Dans un Technicentre industriel, la vision est de long terme : la charge de travail se projette sur plusieurs années, là où certains raisonnent souvent en mois ! »

 

+ Un acteur clé de la transformation numérique

Depuis fin 2015, Hicham co-pilote également la transformation numérique du Technicentre industriel de Bischheim, dans le cadre du programme Usine du Futur.

Son rôle conjugue deux dimensions :

  • la transition numérique, avec le déploiement d’Office 365, l’adaptation du matériel informatique aux usages, et l’acculturation digitale des équipes ;
  • et l’innovation, au service de l’amélioration continue.

« Le numérique n’était pas au cœur de ma formation initiale. C’est la curiosité alliée à mon appétence naturelle à ces sujets et aux opportunités de formation offertes par SNCF, qui m’ont permis d’évoluer et de monter en compétence. »

+ Une métamorphose collective

Cette dynamique s’est concrétisée en juin dernier, lors de la métamorphose du site : nouveau bâtiment, nouvelles méthodes, nouveaux outils, nouvelles technologies dont la 5G industrielle, et une production désormais largement numérisée. Hicham a co-piloté l’accompagnement au changement, à travers des ateliers participatifs ayant permis de révéler de nouveaux talents : « Ces échanges ont mis en lumière des collaborateurs aux compétences insoupçonnées, comme un chaudronnier passionné de développement web. Ces agents sont de véritables ambassadeurs : ils facilitent la compréhension et l’appropriation des transformations par leurs collègues. »

« Dans l’industrie, on ne fait rien tout seul. »

+ L’innovation, au plus près du terrain

Hicham apprécie particulièrement la dimension terrain de son rôle : « Être derrière Leonard, la boîte à idées de l’innovation participative, c’est aussi être au contact du quotidien des agents. J’aime voir les équipes s’emparer du TechniLab, FabLab développé avec le Cluster d’Ingénierie Est, pour créer leurs propres outils et améliorer leur travail. C’est une vraie satisfaction partagée de voir ces initiatives prendre vie. »

+ Un état d’esprit collectif

S’il devait résumer sa philosophie, Hicham serait catégorique : « Dans l’industrie, on ne fait rien tout seul. »
Pour lui, la transformation du Technicentre de Bischheim est avant tout une réussite collective :« Dans cette transformation, chacun y a contribué à son niveau. C’est comme dans le sport, c’est le collectif qui fait la différence ».

Votre coup de colère du moment ?

On dit de moi que je suis plutôt quelqu’un qui garde son calme et qui prend du recul par rapport aux situations. Là tout de suite, rien de notable !

Votre coup de chapeau du moment ?

Il va à toutes les équipes du Technicentre industriel de Bischheim qui ont contribué à la transformation du site. Leur engagement et leur détermination ont été exemplaires notamment pendant les phases de travaux compliqués.

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Alexandre CHAMAILLE – Agent d’Études des Systèmes Électriques

By Juin 2025
NUMÉRO 65 – JUIN 2025

Alexandre CHAMAILLE - Agent d’Études des Systèmes Électriques

Cluster Ingénierie Ouest

Dès les premières secondes, le ton est donné : « J’aime bien rigoler avec les gens ». Avec sa voix toujours souriante, Alexandre Chamaillé incarne un équilibre rare entre expertise technique, sens du collectif et bonne humeur communicative. Depuis 2013, il évolue au sein du Cluster Ingénierie Ouest (CIO), au sein du Groupe d’Ingénierie Technique d’Études des Systèmes Électriques (GITES 1), où il est devenu une figure incontournable de l’électrotechnique. Une décennie marquée par des projets techniques pointus, une curiosité jamais rassasiée et un vrai sens du collectif.

+ Une trajectoire construite sur la curiosité et l’engagement

Après un parcours classique en électrotechnique – BEP, Bac Pro, puis BTS Maintenance industrielle – Alexandre débute dans l’intérim, enchaînant les missions variées : climatisation, blanchisserie, maintenance multiservice… jusqu’au jour où il entend cette phrase qui va tout changer :« La SNCF recrute à l’ingénierie avec un BTS. »

Il saisit sa chance. En 2013, il intègre le Groupe d’Ingénierie Technique d’Études des Systèmes Électriques (GITES 1). « J’ai tout appris sur le tas », se souvient-il. « Nouveaux outils, nouveaux logiciels… c’était un autre monde ! »

Sa première mission en interne est à la hauteur de la promesse : intense. « Un agent m’avait prévenu : on cherche un intérimaire pour un plateau projet. Mais attention, ça va cravacher ! » Alexandre relève le défi. Sa mission : moderniser les Z2N série 92050.

+ Projet « Waouh » : l’électro au millimètre

Parmi les nombreux projets auxquels il a participé, celui qui l’a le plus marqué porte un nom évocateur : “Waouh !” Il s’agit de la modernisation de rames Z2N 20500. « J’étais le seul électrotechnicien sur le projet. J’ai commencé les études quatre ans avant la mise en production. Chaque détail était pensé pour améliorer le confort et la sécurité des voyageurs. Je me rappelle encore la tête du fournisseur de boîtiers USB, bluffé par le niveau d’exigence demandé ! »

+ L’innovation en bonus : les modules 360

Toujours en quête de solutions pratiques, Alexandre développe récemment un outil aussi innovant qu’utile : les modules 360. « C’est comme Google Street View, mais à l’intérieur d’une rame ! On peut cliquer sur les composants, les explorer de l’intérieur, voir la toiture, le sous-caisse… » Destinés à la formation ou au dépannage, ces modules sont de véritables jumeaux numériques. « J’ai réalisé ceux des Z2N, j’ai participé à la réalisation de ceux pour NAT et RER NG, et je travaille sur les Région2N. Un module, c’est deux à trois mois de boulot, mais quel gain ensuite ! » Petite surprise : certains contiennent des clins d’œil cachés pour les plus observateurs.

« GITES, c’est plus qu’une équipe, c’est une bande de spécialistes soudés »

+ Un esprit d’équipe bien ancré

Fidèle à son équipe depuis plus de dix ans, Alexandre insiste : « GITES, c’est plus qu’une équipe, c’est une bande de spécialistes soudés. ». Et l’avenir ? Il le voit ici, dans ce collectif où chacun apporte sa pierre.
Quant à changer de voie ? Il décline dans un éclat de rire : « Formateur, manager ? Pas pour moi. Je rigole trop, et j’ai déjà du mal à faire faire les devoirs à ma fille ! »

Votre coup de cœur du moment ?

Mon binôme Jean-Ludovic Jules. On bosse main dans la main, avec fluidité.

Votre coup de colère du moment ?

Contre la maîtresse de ma fille. Deux heures de devoirs chaque soir, c’est trop !

Votre coup de chapeau du moment ?

Il va à Nour Matard et son équipe com’ du CIO. Grâce à elle, la communication pulse et l’Ingénierie du Matériel a pris un vrai coup de projecteur !

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Cyril ZUNIC – Chargé d’affaires RAO TER

By Mai 2025
NUMÉRO 64 – MAI 2025

Cyril ZUNIC - Chargé d'affaires RAO TER

BU Maintenance en exploitation

« Sportif, épicurien, amateur de bienveillance » : c’est ainsi que Cyril Zunic se décrit.  Trois mots simples, mais révélateurs d’un état d’esprit : passionné, humain, et toujours en mouvement. Depuis plus de 20 ans, il avance avec une philosophie claire : saisir les opportunités quand elles se présentent… et les transformer.

+ Une carrière guidée par le mouvement

C’est en 2003, diplôme d’Ingénieur en génie industriel et mécanique en poche, que Cyril fait ses débuts chez Renault comme chef de projet en prototypes mécaniques. Pendant cinq ans, il affine son expertise. Mais déjà, une autre voie l’attire.

« J’avais un attrait pour le TGV… et la SNCF recrutait des profils Méthodes et Chef de projet comme le mien. J’ai foncé ! » En 2009, il rejoint donc la Direction du Matériel, au Cluster Ingénierie Est, comme Responsable de Modification sur les projets de rénovation TGV.

+ Monter en puissance par l’expérience

En 2012, Cyril sort de son cursus Jeune Cadre et rejoint le Cluster Ingénierie Sud. Il devient Ingénieur Vie-Série Locomotives Électrique, un poste transverse au service de plusieurs entités : TER, Intercités, Fret, Transilien, et même les Tiers par le biais de MASTERIS pour les locomotives appartenant à Akiem. Objectif : améliorer la performance Qualité/Coûts/Délais/Sécurité des locomotives en lien direct avec les Technicentres de Maintenance répartis sur tout le territoire français et pays limitrophes.

C’est cette proximité, avec les équipes opérationnelles, qui le pousse, en 2016, à prendre un virage important : il rejoint TER et devient DUO Mouvement & Produit Train au Technicentre AURA, avec le management de 45 personnes travaillant en 3×8, 7j/7. « J’étais toujours dans l’univers du Matériel, mais cette fois au plus près du terrain. »

+ L’envergure d’une flotte nationale

En 2019, Cyril prend la tête de la Supervision Technique de Flotte (STF) AURA, l’une des plus grandes de France.

« Un poste exigeant, mais passionnant. J’étais aux manettes de la programmation et de la réalisation de la maintenance d’une flotte de 430 rames, répartis en 12 séries de matériels différents, maintenues sur 10 sites opérationnels, tout en réalisant plus de 1 200 trains par jour ! Nos missions étaient cruciales : réaliser la maintenance de nos matériels pour faire voyager nos clients en sécurité, dans des rames propres, fiables et confortables. »

Un poste à la croisée des enjeux opérationnels, techniques et stratégiques, où il assure l’interface avec le Centre Opérationnel (Exploitation) mais aussi avec l’Ingénierie en cas de pannes spécifiques et les UOs Maintenance. La STF est le lien du couple Exploitation / Maintenance.

2024 : un nouveau défi RAO

Fort de cette richesse de parcours, Cyril rejoint en 2024 la BU Maintenance En Exploitation en tant que Chargé d’affaires Réponses à Appels d’Offre. Sa mission : mobiliser les compétences Ingénieries et Systèmes d’Informations du métier Matériel pour accompagner les équipes RAO TER et Intercités dans la réponse aux appels d’offres de délégation de service publics.

« Ma mission est de mettre toutes mes compétences acquises, tant en TI, Cluster, TM qu’en STF, au service des équipes RAO des BU TER et Intercités pour les aider à répondre agilement aux demandes… pour in fine gagner les appels d’offre.  C’est une forme de compétition où l’expérience peut faire la différence !»

« De la performance en entreprise à la performance du sportif, il n’y a qu’un pas ! »

+ Un champion… et un coach

Parallèlement à son parcours professionnel, Cyril excelle dans un autre domaine : le tennis de table, un sport comme passion.

Champion de France SNCF en titre depuis plus de 10 ans, Cyril compte environ 400 victoires pour 1 seule défaite depuis plus de 15 ans. Il atteint la 60e place nationale en 2005. Cette passion lui permet de représenter la SNCF lors de compétitions internationales (Russie, Allemagne, Inde…).

En juin 2025, il accompagnera les joueurs de l’Équipe de France SNCF en Bulgarie pour qu’ils profitent de son expérience pour tenter ramener des médailles dans les différents tableaux comme l’Argent en Inde en 2022, et le Bronze en double, à Jaipur.

Aujourd’hui, il continue de jouer en Nationale pour Rambouillet en région parisienne (bien que lyonnais aujourd’hui). Néanmoins, il passe progressivement le relais en devenant coach et préparateur mental certifié pour l’optimisation des performances. Il accompagne de jeunes joueurs talentueux de la région AURA et BFC rêvant de marcher dans les traces des frères Lebrun. En AuRA, aujourd’hui, il accompagne la championne d’Europe U13 et il a accompagné Florian Bourrassaud dans sa progression (Florian est fraîchement médaillé de bronze aux championnats du Monde à Doha en double avec Esteban Dorr, tout comme les frères Lebrun).

« De la performance en entreprise à la performance du sportif, il n’y a qu’un pas ! Le lien entre sport de haut niveau et entreprise est évident : fixation & planification d’objectifs, rigueur, motivation, gestion du stress, résilience, confiance en soir, routine et amélioration continue.»

+ Le mot de la fin

« Je préfère avoir plusieurs cordes à mon arc à une carrière en flèche. Je privilégie toujours la qualité du chemin à la destination. L’important, c’est de rester curieux, ouvert et de savoir saisir la balle au bond. »

Votre coup de cœur du moment ?

Florian Bourrassaud, pour son parcours et sa médaille de bronze aux championnats du Monde à Doha.

Votre coup de colère du moment ?

L’escalade de la violence et de la surenchère dans les relations politiques mondiales.

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Yannick DUPUIS – Gestionnaire du portefeuille PRM

By Avril 2025
NUMÉRO 63 – AVRIL 2025

Yannick DUPUIS - Gestionnaire du portefeuille PRM

Direction du Matériel

Avec son franc-parler légendaire et un large sourire, Yannick Dupuis impose tout de suite son style : direct, passionné, entier. Surnommé « Crocodile Dundee » par ses collègues, ce personnage haut en couleur, truculent, aime aller droit au but, que ce soit dans les ateliers… ou dans son jardin.

+ Le métal dans la peau

« La chaudronnerie, je suis tombé dedans un peu par hasard« , confie-t-il. « Je voulais être dessinateur industriel, mais la filière chaudronnerie m’a semblé plus accessible. Et j’ai accroché tout de suite. »

BTS en poche, il enchaîne avec un CAP, puis passe son CAP Traceur en candidat libre, « juste pour le challenge », précise-t-il.

En 1990, Yannick rejoint la SNCF via le Technicentre Industriel de Picardie. Il commence comme chef d’équipe en confection chaudronnerie, avant de suivre une formation d’un an pour devenir expert soudeur. « J’ai obtenu le diplôme d’IWT (International Welding Technologist) et j’ai été le premier certifié en soudage selon la norme 15085. Une belle fierté ! »

De 1996 à 2012, il tient ce poste d’expert soudeur, avec une spécialisation marquée dans le wagon de fret. « J’étais référent pour tous les wagons fret en France. À l’époque, cela représentait 150 000 wagons ! J’ai travaillé avec la commission nationale pour établir les modes opératoires de réparation. On couvrait tous les cas de figure. » Une période intense, exigeante, mais à son image.

+ De la technique au pilotage

Yannick ne s’arrête pas là : il enfile successivement les casquettes de chef du bureau d’ordonnancement (BOT), responsable manœuvre, référent qualité… « Je gérais une quarantaine de personnes et j’étais mobilisé sur tous les audits. Un sacré portefeuille, comme on dit ! »

Après deux décennies au TI Picardie, il rejoint la Direction du Matériel, où il pilote la validation des centres réparateurs pour les PRM (Pièces de Rechange Matériel) dans les 10 TI. « Je suis de près l’affectation des PRM, les transferts de charge, et le suivi des 36 000 symboles. C’est un gros morceau, mais ça me stimule ! »

+ Un autre art du vivant : le bonsaï

En dehors du métal et des wagons, avec l’énergie qu’on lui connaît, Yannick cultive une passion tout en finesse : le bonsaï. Président d’un club dans l’Aisne, il encadre aujourd’hui 25 à 30 adhérents avec la même énergie qu’au boulot.

« Un ami m’a initié. J’ai adoré. J’ai été membre pendant 20 ans avant de reprendre la présidence. Aujourd’hui, je donne des cours. Il a fallu que je me replonge dans mes livres pour dispenser les cours de taille ! C’est important de maîtriser les bons termes, l’outillage et de connaître les essences pour adapter mes conseils. Nous organisons  des expositions avec d’autres clubs et des stages où chacun travaille sur un arbre similaire. J’aime bien réunir des gens de différents horizons, qui ne se seraient pas côtoyés sans ce type d’évènements. J’adore transmettre Mais gare à ceux qui ne m’écoutent pas pendant les cours, je peux aussi me montrer redoutable ! »

Aujourd’hui sa collection se monte à 100 bonsaïs et « pré-bonsaïs « Ils ont remplacé mon jardin ! J’aime les voir évoluer, et j’aime surtout les partager : donner des conseils, offrir mes arbres… c’est un vrai plaisir. »

Votre coup de colère du moment ?

J’en ai régulièrement, mais je les extériorise ! Faut que ça sorte, sinon c’est l’ulcère assuré.

Votre coup de chapeau du moment ?

Au chef d’établissement adjoint qui m’a recruté. Il a osé malgré mon caractère. Certains ont peut-être regretté… mais pas moi : grâce à lui, j’ai construit une belle carrière !

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Valérie AUBERT – Coordinatrice experte soudeur

By Mars 2025
NUMÉRO 62 – MARS 2025

Valérie AUBERT - Coordinatrice experte soudeur

TechniNat

Valérie Aubert, pionnière et déterminée, a su s’imposer dans un secteur ferroviaire, celui de la maintenance, où la place des femmes reste rare. De la mise en place de certifications en soudage à l’obtention du prestigieux diplôme d’experte soudeur, son parcours incarne l’excellence, la persévérance et l’ambition. Retour sur un parcours d’exception, forgé par des sacrifices et une volonté sans faille.

 

C’est en 2012 que Valérie Aubert fait son entrée à la SNCF, en alternance comme gestionnaire en organisation de la performance industrielle. Sa mission est ambitieuse : mettre en place une certification en soudage (NF EN 15085) dans un atelier de maintenance de wagons à Sotteville-lès-Rouen. Un défi technique qui devient le tremplin de toute sa carrière. Très vite, elle comprend que le soudage sera bien plus qu’un simple domaine de compétence : il sera sa spécialité.

Après deux années d’alternance réussies, Valérie prend un nouveau virage en rejoignant le Technicentre industriel de Rouen-Quatre-Mares, où, forte de son expérience, elle aide à la préparation de la mise en certification de l’établissement. Elle reviendra ensuite dans l’atelier de Sotteville pour se former et prendre les rênes de la responsabilité de la pratique en soudage (RPS).

Un tournant décisif intervient lors de la création du TechniNat, un centre de référence où l’on décide de renforcer l’équipe en ajoutant deux experts soudeurs pour maintenir les certifications et assurer la couverture nationale.

« J’ai voulu prouver à moi-même, mais aussi à ceux qui me soutiennent, que je pouvais aller aussi loin que n’importe quel homme. »

Forte de ses années d’expérience, Valérie choisit de relever un défi de taille : se former et obtenir le diplôme d’expert soudeur. Un défi de taille, mais une évidence pour elle : « Ce diplôme était l’aboutissement naturel de mon envie de progresser, mais aussi de faire reconnaître mes compétences à l’international. Toutefois, je ne m’attendais pas à l’intensité du parcours. « 5000 » pages à maîtriser, un savoir à interconnecter… C’était un défi total », confie-t-elle.

En 2023, Valérie débute sa formation pour obtenir son IWS (International Welding Specialist ) puis entame la partie technologique pour décrocher son IWT (International Welding Technologist ). Un investissement sans compromis : « Une semaine de cours par mois et le reste du temps, je jonglais entre travail et vie personnelle. C’est un diplôme qui demande un engagement total, et je me suis mis la pression, surtout qu’il me manquait certaines connaissances. Mais chaque effort a payé », raconte-t-elle.

En juillet 2024, elle obtient son diplôme et devient la première femme experte soudeur du groupe SNCF. Un exploit majeur dans un domaine dominé par les hommes. « C’est une immense fierté ! J’ai voulu prouver à moi-même, mais aussi à ceux qui me soutiennent, que je pouvais aller aussi loin que n’importe quel homme. Cette pression, je me l’étais mise toute seule. Mais je n’ai jamais ressenti cette pression de la part de mes collègues. Au contraire, le réseau de la coordination en soudage, exclusivement masculin, m’a soutenue sans réserve. Ils m’ont toujours considérée comme étant à ma place. En obtenant ce diplôme, je leur renvoie la confiance qu’ils m’ont donnée », confie Valérie avec émotion.

Ce succès est également une source de fierté pour ses trois filles, qui ont vu leur mère se battre pour son rêve. « Elles ont toujours compris mes sacrifices, mon stress et mes fatigues. Aujourd’hui, elles sont fières de moi et me considèrent comme une source d’inspiration », dit-elle avec un sourire lumineux.

La proposition de se lancer dans cette formation vient de son coordinateur principal en soudure du TechniNat. Pour Valérie, il était crucial d’être à la hauteur des attentes : « Il fallait que je réussisse pour épauler mon équipe et justifier la confiance de mes supérieurs », explique-t-elle. Aujourd’hui, Valérie occupe le poste stratégique de coordinatrice experte soudeur au TechniNat, où ses missions sont aussi variées que cruciales : répondre aux demandes clients, qualifier les soudeurs, créer des modes opératoires, superviser les audits internes et externes pour la certification en soudage sur sept sites du TechniNat.

« Tous les sacrifices – le temps passé, les week-ends, les vacances – en valent la peine. Ce diplôme, ce n’est pas seulement un papier, c’est la consécration d’années de travail acharné et de détermination », conclut-elle avec fierté.

Votre coup de cœur du moment ?

Octobre Rose. Une cause qui me touche profondément et pour laquelle je m’investis pleinement. C’est important de se battre pour les autres.

Votre coup de colère du moment ?

Les mails qui arrivent plus vite que je n’ai le temps de les traiter ! Il n’y a jamais de pause pour réfléchir ou avancer…

Votre coup de chapeau du moment ?

Il va au réseau « SNCF mixité » qui, comme son nom l’indique, sait mettre en avant les femmes en incluant les hommes. Et toutes les femmes qui, à tous niveaux, se battent pour faire évoluer les mentalités en atteignant leurs objectifs de vie.

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