NUMÉRO 67 – JANVIER 2026
Boubaker El MOUTTAKI - Formateur Aux Gestes Métiers
UDM Université du Matériel - Pôle Stratégie et Pilotage Formation Matériel”
À 43 ans, marié et père de cinq enfants — un véritable atelier de team building à domicile — Boubaker El Mouttaki a derrière lui un parcours où la formation a toujours été un fil rouge. Vingt-sept ans chez Stellantis à former, encadrer, certifier. Puis une arrivée décisive à SNCF Voyageurs Matériel. Aujourd’hui,
il transforme la formation ferroviaire sur le terrain.
+ Du volant aux rails : un parcours qui change de voie
Chez Stellantis, Boubaker apprend tout : encadrer, transmettre, certifier. Puis il change de voie — littéralement. Recruté par SNCF Matériel
Voyageurs comme responsable formation rejoint l’Île-de-France. Son objectif : reconnecter la formation à l’essentiel — le geste métier. À son
arrivée dans les 10 Technicentres Industriels, le constat est clair : les nouveaux embauchés manquent d’accompagnement. Les gestes clés,
ceux qui garantissent sécurité et qualité, ne sont pas toujours formalisés. Alors Boubaker plonge dans les ateliers : observe, analyse, identifie ce qui fait la différence. « Être chargé de formation ? C’est rendre visible l’invisible : le geste qui change tout ».
+ Sur le terrain : écouter, observer, transmettre
Boubaker ne forme pas derrière un écran. Il est aux côtés des agents. Les responsables de formations qu’il a le plus accompagné sont Kévin
basé au technicentre de Bischheim, Christelle à Saint-Pierre-Des-Corps, Didier au technicentre de Quatre Mares, Raphael à Tergnier et Mathieu à Rennes. Ensemble, ils accompagnent et coachent les formateurs occasionnels pour qu’ils maîtrisent, expliquent et standardisent les gestes métiers essentiels. Lors de formations de deux jours, ils plongent au coeur des postes : comprendre le fonctionnement, identifier les gestes clés, définir ce qu’il faut savoir transmettre et construire les supports nécessaires. Leur objectif commun : rendre les gestes métiers visibles, clairs et parfaitement reproductibles par tous. Ce qui plaît le plus à Boubaker dans ce rôle, c’est d’être au contact des équipes, d’apprendre tous les jours, de transmettre et d’accompagner. « Partager des savoir-faire, former sur une tâche, transmettre les bons gestes : c’est super gratifiant », confie t-il. Pour lui, chaque formation est l’occasion d’apporter quelque chose de concret et utile au quotidien.
+ Apprendre autrement : préparer les agents de demain
C’est à l ’Université du Matériel (UDM) NIVEDM, véritable terrain de jeu, que Boubaker, apprend à traquer les non-conformités, à aller sur le terrain pour décortiquer, comprendre les problématiques des agents et co-construire des solutions concrètes, alliant pratique, vécu et approche “terrain first”. Il y utilise le TWI (Training with Industry), une méthode simple et efficace qui combine performance et approche humaine. Grâce à des outils concrets comme les tutoriels vidéo avec une approche 80 % visuelle et 20 % théorique, favorisant la compréhension et la mise en pratique immédiate. « Bref, on transforme des pros en pros ! ». Côté outils, les e-learning et la réalité augmentée restent encore peu développés, alors que ce sont clairement des leviers de la formation de demain. L’objectif sera d’évoluer et d’intégrer ces technologies tout en gardant l’humain au centre, car la transmission des gestes métiers se vit avant tout en face à face.
+ Le quotidien à travers leurs yeux
Au début, beaucoup d’apprenants sont un peu sceptiques. Mais une fois sur le terrain, ils voient vite la différence : ils se sentent plus sereins, plus efficaces, et comprennent l’intérêt de revenir aux bases du métier. Les fiches gestes métiers peuvent sembler « robustes » au départ, alors Boubaker prend le temps d’expliquer, de simplifier et de vulgariser. Le but : qu’ils soient bons du premier coup. Sur le terrain, la différence se fait sentir immédiatement. Une tâche qui pouvait prendre deux heures avec erreurs se réalise désormais en vingt minutes, correctement et sans stress.
Votre lieu ressourçant ?
Les 10 technicentres industriels.
Vos sources d’inspiration ?
Les agents et leurs échanges, leur bienveillance.
Un projet perso pour plus tard ?
Continuer à apprendre, transmettre et comprendre l’humain.
Un secret à nous révéler ?
Je tire énormément d’énergie de ma famille. Chaque soir, j’ai droit à six histoires et c’est ma meilleure source d’inspiration.
Quel disque emporteriez-vous sur une île déserte ?
Lauryn Hill.
Votre dernière lecture marquante ?
Les Quatre Accords toltèque de Miguel Ruiz (développement personnel).
Une anecdote marquante ?
Le jour où Katia NOWACZYK, Directrice des Ressources Humaines à la Direction Industrielle Matériel m’a recruté et m’a remis mon diplôme. Une boucle qui se referme joliment. Aujourd’hui, j’ai été à la hauteur de la confiance qu’elle a placée en moi. 
Votre coup de cœur du moment ?
L’esprit d’entraide à la SNCF me touche profondément. Ici, les agents se soutiennent naturellement. Pour moi, mon travail doit refléter
ces valeurs : aider, agir, contribuer. C’est pourquoi je me suis engagé comme Volontaire Occasionnel d’Accompagnement (VOA) — un vrai clin d’oeil à l’intérêt général et à la solidarité qui font battre l’entreprise.
Votre coup de colère du moment ?
Le travail isolé, les process qui ralentissent l’efficacité. Je crois au travail en équipe, sur le terrain, pour fidéliser les agents et garantir la qualité. L’efficacité doit rimer avec collaboration !








