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Valérie AUBERT – Coordinatrice experte soudeur

By Mars 2025
NUMÉRO 62 – MARS 2025

Valérie AUBERT - Coordinatrice experte soudeur

TechniNat

Valérie Aubert, pionnière et déterminée, a su s’imposer dans un secteur ferroviaire, celui de la maintenance, où la place des femmes reste rare. De la mise en place de certifications en soudage à l’obtention du prestigieux diplôme d’experte soudeur, son parcours incarne l’excellence, la persévérance et l’ambition. Retour sur un parcours d’exception, forgé par des sacrifices et une volonté sans faille.

 

C’est en 2012 que Valérie Aubert fait son entrée à la SNCF, en alternance comme gestionnaire en organisation de la performance industrielle. Sa mission est ambitieuse : mettre en place une certification en soudage (NF EN 15085) dans un atelier de maintenance de wagons à Sotteville-lès-Rouen. Un défi technique qui devient le tremplin de toute sa carrière. Très vite, elle comprend que le soudage sera bien plus qu’un simple domaine de compétence : il sera sa spécialité.

Après deux années d’alternance réussies, Valérie prend un nouveau virage en rejoignant le Technicentre industriel de Rouen-Quatre-Mares, où, forte de son expérience, elle aide à la préparation de la mise en certification de l’établissement. Elle reviendra ensuite dans l’atelier de Sotteville pour se former et prendre les rênes de la responsabilité de la pratique en soudage (RPS).

Un tournant décisif intervient lors de la création du TechniNat, un centre de référence où l’on décide de renforcer l’équipe en ajoutant deux experts soudeurs pour maintenir les certifications et assurer la couverture nationale.

« J’ai voulu prouver à moi-même, mais aussi à ceux qui me soutiennent, que je pouvais aller aussi loin que n’importe quel homme. »

Forte de ses années d’expérience, Valérie choisit de relever un défi de taille : se former et obtenir le diplôme d’expert soudeur. Un défi de taille, mais une évidence pour elle : « Ce diplôme était l’aboutissement naturel de mon envie de progresser, mais aussi de faire reconnaître mes compétences à l’international. Toutefois, je ne m’attendais pas à l’intensité du parcours. « 5000 » pages à maîtriser, un savoir à interconnecter… C’était un défi total », confie-t-elle.

En 2023, Valérie débute sa formation pour obtenir son IWS (International Welding Specialist ) puis entame la partie technologique pour décrocher son IWT (International Welding Technologist ). Un investissement sans compromis : « Une semaine de cours par mois et le reste du temps, je jonglais entre travail et vie personnelle. C’est un diplôme qui demande un engagement total, et je me suis mis la pression, surtout qu’il me manquait certaines connaissances. Mais chaque effort a payé », raconte-t-elle.

En juillet 2024, elle obtient son diplôme et devient la première femme experte soudeur du groupe SNCF. Un exploit majeur dans un domaine dominé par les hommes. « C’est une immense fierté ! J’ai voulu prouver à moi-même, mais aussi à ceux qui me soutiennent, que je pouvais aller aussi loin que n’importe quel homme. Cette pression, je me l’étais mise toute seule. Mais je n’ai jamais ressenti cette pression de la part de mes collègues. Au contraire, le réseau de la coordination en soudage, exclusivement masculin, m’a soutenue sans réserve. Ils m’ont toujours considérée comme étant à ma place. En obtenant ce diplôme, je leur renvoie la confiance qu’ils m’ont donnée », confie Valérie avec émotion.

Ce succès est également une source de fierté pour ses trois filles, qui ont vu leur mère se battre pour son rêve. « Elles ont toujours compris mes sacrifices, mon stress et mes fatigues. Aujourd’hui, elles sont fières de moi et me considèrent comme une source d’inspiration », dit-elle avec un sourire lumineux.

La proposition de se lancer dans cette formation vient de son coordinateur principal en soudure du TechniNat. Pour Valérie, il était crucial d’être à la hauteur des attentes : « Il fallait que je réussisse pour épauler mon équipe et justifier la confiance de mes supérieurs », explique-t-elle. Aujourd’hui, Valérie occupe le poste stratégique de coordinatrice experte soudeur au TechniNat, où ses missions sont aussi variées que cruciales : répondre aux demandes clients, qualifier les soudeurs, créer des modes opératoires, superviser les audits internes et externes pour la certification en soudage sur sept sites du TechniNat.

« Tous les sacrifices – le temps passé, les week-ends, les vacances – en valent la peine. Ce diplôme, ce n’est pas seulement un papier, c’est la consécration d’années de travail acharné et de détermination », conclut-elle avec fierté.

Votre coup de cœur du moment ?

Octobre Rose. Une cause qui me touche profondément et pour laquelle je m’investis pleinement. C’est important de se battre pour les autres.

Votre coup de colère du moment ?

Les mails qui arrivent plus vite que je n’ai le temps de les traiter ! Il n’y a jamais de pause pour réfléchir ou avancer…

Votre coup de chapeau du moment ?

Il va au réseau « SNCF mixité » qui, comme son nom l’indique, sait mettre en avant les femmes en incluant les hommes. Et toutes les femmes qui, à tous niveaux, se battent pour faire évoluer les mentalités en atteignant leurs objectifs de vie.

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Quentin DAL DEGAN – Alternant chargé de mission

By Février 2025
NUMÉRO 61 – FÉVRIER 2025

Quentin DAL DEGAN - Alternant chargé de mission

TechniNat

Depuis son enfance, Quentin Dal Degan vit et respire le ferroviaire, bien que personne dans sa famille ne travaille dans ce secteur. « Mes grands-parents habitaient au pied de l’artère impériale, le Paris-Dijon. J’ai passé des vacances bercées par le roulis du fret et leurs coups de sifflet. Très jeune, je me suis lancé le défi d’avoir un salut des conducteurs, que ce soit à la main ou au klaxon. Puis je me suis mis à les photographier. Et plus je les voyais, plus je m’y intéressais, plus je souhaitais en connaître sur le domaine. Et très vite, j’ai compris que ce que j’avais devant les yeux était éphémère et allait être remplacé par d’autres choses. C’est là que je n’ai plus jamais décroché du ferroviaire » résume Quentin.

En 2021, après un bac scientifique, Quentin se lance dans une alternance au TechniNat, au dépôt de Chalindrey, où il prépare un BTS Maintenance des systèmes de production industrielle. Il y touche à tout : réparation de trains, dépannage de locomotives, gestion de flotte (création d’indicateurs informatiques pour le pilotage de la maintenance)… Son expérience est probante, et certaines missions restant à achever, il prolonge son alternance pour obtenir un diplôme d’ingénieur en génie Mécanique industriel, option maintenance. Il découvre aussi le volet stratégique de la maintenance, en développant des outils numériques pour analyser les flottes et gérer les budgets pour les clients Réseau, CMR et AEF.

« J’ai commencé à photographier les trains que je ne reverrais plus. »

Mais la passion de Quentin ne se limite pas au ferroviaire. Sapeur-pompier volontaire depuis 2014, il s’engage dans une vocation qui dépasse l’ordinaire : « J’ai choisi de devenir sapeur-pompier parce que je cherchais une activité originale et pleine de sens. À l’époque, c’était encore peu courant dans mon entourage. Cette formation était l’occasion d’allier sport, secourisme et manœuvres. Quand mes amis se retrouvaient à ne rien faire le samedi après-midi, je me réjouissais de pouvoir apprendre aux côtés des pompiers. » Aujourd’hui encore, il consacre une partie de son temps à sa mission de bénévole, notamment en animant des ateliers dans les écoles pour apprendre les gestes qui sauvent.

L’engagement de Quentin ne s’arrête pas là. À 17 ans, il fonde l’Association de Sauvegarde de la Ligne 26 (ASL 26), un projet ambitieux visant à revitaliser une ancienne voie ferrée reliant Troyes à St Florentin-Vergigny, en y développant un parcours de vélorail. « Nous avons commencé par défricher les 10 km de voie en trois ans, et aujourd’hui, notre association compte plus de 100 membres. C’est l’une des plus jeunes de l’Aube, et nous sommes très fiers de pouvoir bientôt proposer les premières circulations en vélorail. » L’association, en plus de son projet ferroviaire, gère un musée ferroviaire chez Quentin et sensibilise les jeunes au patrimoine à travers des animations scolaires.

En dehors de ses nombreuses activités, Quentin trouve le temps de nourrir sa passion pour la photographie. « J’ai commencé à photographier les trains que je ne reverrais plus. Au début, avec un simple appareil photo numérique, puis avec du matériel plus sophistiqué pour obtenir des souvenirs de qualité. Je ne photographie pas que du ferroviaire, j’ai aussi exploré d’autres styles photographiques pour avoir le terrain de jeu le plus vaste possible ! » .

Bien que son alternance se termine en juin prochain , Quentin a déjà un regard tourné vers l’avenir : « Je ne l’imagine pas ailleurs que dans le chemin de fer ! »

Votre coup de cœur du moment ?

Il existe une association qui a réussi à rapatrier un matériel ferroviaire par la route. Cela me fascine, et j’aimerais relever ce défi moi-même. Si je pouvais rapatrier une petite voiture Corail pour l’installer sur ‘ma’ ligne, ce serait un rêve ! Et pourquoi pas la transformer un gîte ?!

Votre coup de colère du moment ?

La critique facile de ceux qui ne s’investissent pas et le manque de soutien aux associations de préservation du patrimoine en France.

Votre coup de chapeau du moment ?

À tous les bénévoles de l’ASL26 qui m’ont fait confiance depuis le début du projet, qui trouvent des solutions innovantes pour résoudre des problèmes auxquels je n’avais même pas pensé. Leur dévouement est bien plus gratifiant que tout salaire.

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Damien WATREMETZ – Référent digital

By Janvier 2025
NUMÉRO 60 – JANVIER 2025

Damien WATREMETZ - Référent digital

Technicentre industriel Picardie

Diplômé d’un Master en électronique embarquée, Damien Watremetz ne se doutait pas qu’il allait enchaîner les aventures dans tous les modes de transport possibles. Après une première expérience dans le spatial, il se réoriente vers l’industrie automobile, où il devient ingénieur en électronique et automatisme, puis chef de projet en robotique et installations industrielles. « J’étais déjà dans le domaine des roues en acier », plaisante-t-il.

Il y a deux ans, un poste de référent digital au Technicentre industriel de Picardie  capte son attention. « Étant un pur produit de Picardie, le défi de créer une usine neuve et moderne dans la région m’a immédiatement séduit », explique Damien. Aujourd’hui, il pilote la transformation numérique du site, supervisant des projets innovants comme le déploiement de REFLEX à Tergnier fin 2024 et l’automatisation du Centre Essieux 4.0 , un chantier ambitieux de mise en réseau de 30 machines. « Les machines sont livrées avec un paramétrage basique, que nous devons revoir au fur et à mesure que la mise en réseau se fait. A raison de deux machines mises en service par mois et du temps d’ajustement pour affiner les paramètres au mieux, la boucle de mise en production sera achevée d’ici à la fin de l’année. Nous représentons le dernier maillon de la chaîne : l’automatisation est l’avant-dernière étape et puis nous prendrons le relais pour tout connecter et configurer. Toute l’équipe est dans les starting-blocks mais aussi consciente de la charge de travail ! », confie-t-il.

«  Le défi de créer une usine neuve et moderne dans ma région d’origine m’a immédiatement séduit. »

Parallèlement, Damien et son équipe œuvrent à la numérisation des stocks de pièces. «  Tous nos stocks seront connus et visibles dans l’outil et la commande de pièces se fera en direct via REFLEX, sans mobiliser les agents pour la réception des pièces. Toutes les informations relatives aux essieux en maintenance seront enregistrées et partagées avec les machines, pour appeler les bonnes pièces au bon moment. On travaille également sur le remplissage automatique des données par les machines, en amont de la tâche de maintenance, pour éviter les doubles saisies aux agents » précise Damien.

Mais Damien n’est pas seulement un expert du numérique, il est aussi clown Auguste dans sa vie personnelle. Depuis ses 17 ans, il pratique l’art du cirque, alliant jonglage, acrobaties et sketches de clowns. « C’est arrivé un peu par hasard : je voulais apprendre à jongler, notamment avec le feu. J’ai rejoint une association de métiers du cirque locale et j’ai découvert ce milieu. Avant la crise du Covid, nous préparions des spectacles de 2h30, alliant jonglages, acrobaties, sketches de clowns et numéros de trapèze, devant près de 800 personnes. Le clown Auguste, c’est celui qui fait rire en se mettant souvent dans des situations ridicules, en opposition au clown blanc plus sérieux », explique-t-il.

Chaque vendredi soir, il troque son costume professionnel pour celui de professeur d’art clownesque. « Enseigner aux enfants, c’est une manière de leur offrir un espace pour se défouler tout en leur apprenant la concentration à travers le jonglage », raconte-t-il. Il se souvient avec fierté avoir accompagné une de ses élèves à obtenir son diplôme d’état en art clownesque en 2024. « C’est un moment de vraie fierté d’avoir participé à sa réussite », ajoute-t-il.

Votre coup de cœur du moment ?

J’en ai plusieurs :

  • Falling in Reverse, un groupe de musique que j’ai vu en concert récemment et qui m’a bluffé
  • Le vélo, une passion que je me suis découvert récemment. Je parcours ma région via des petites routes méconnues, une autre manière de déconnecter tout en restant dans la thématique du transport !
  • Les mangas : je suis un aspirateur à mangas ! J’en lis beaucoup et ça me fait du bien de lire ça

Votre coup de colère du moment ?

Je dirais que c’est l’hypocrisie humaine… et aussi les e-mails incessants !

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Damien DWORNIK – Directeur industriel

By Novembre 2024
NUMÉRO 59 – NOVEMBRE 2024

Damien DWORNIK - Directeur industriel

TechniNat

Damien Dwornik combine deux expertises : celle d’un professionnel expérimenté du transport ferroviaire et celle d’un passionné engagé dans l’athlétisme. Son parcours, à la fois unique et inspirant, démontre comment l’alliance de compétences techniques et de passion sportive permet de relever des défis exceptionnels.

+ Un parcours industriel guidé par l’innovation

En 2001, fraîchement diplômé d’une école d’ingénieurs, Damien rejoint la SNCF, attiré par les valeurs techniques et écologiques du ferroviaire. Ses débuts au Technicentre de Rouen Quatre-Mares, comme dirigeant de section de révision pièces, le plongent immédiatement dans l’action : une équipe de 25 personnes, des réducteurs à réviser, des aléas à gérer, et un environnement où l’humain est au cœur de la performance.
« Ce poste m’a appris à conjuguer organisation, production et management humain », se souvient-il. Cette première expérience jette les bases d’un parcours ambitieux, marqué par son rôle de secrétaire de production, où il contribue à structurer les premiers services clients des Technicentres. Il établit des programmes annuels, planifie les réparations accidentelles et joue un rôle clé dans le dialogue entre Activités et experts techniques. « Nous étions des bâtisseurs, là pour transformer les idées en solutions concrètes. »
Aujourd’hui, à la tête de la direction industrielle du TechniNat, Damien poursuit sa quête de transformation. Parmi ses projets phares : l’intégration des technologies ETCS à Longueau d’ici 2025 : « Ces missions nous poussent à nous réinventer, à adapter nos compétences et nos espaces de travail, tout en restant fidèles à notre ADN industriel. »

+ Une deuxième casquette : l’athlétisme

Parallèlement à sa carrière, Damien nourrit une passion inébranlable pour l’athlétisme, qui l’accompagne depuis ses 10 ans. Trésorier du club d’athlétisme de Tergnier depuis plus de 15 ans, il est aussi juge d’épreuves depuis trois décennies. Ce double engagement lui ouvre les portes des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, où il officie comme chef de jury. Présent sur 23 sessions, Damien joue un rôle clé : superviser les épreuves, anticiper les imprévus, garantir une fluidité parfaite.
Son sang-froid est mis à l’épreuve dès la deuxième journée : un moteur de poteau de saut en hauteur tombe en panne . « Il fallait agir vite, sous l’œil des caméras et du public. Avec mon équipe, nous avons résolu le problème en quelques minutes. Ce moment d’union a été salué par des applaudissements. »
Si les caméras olympiques imposent une rigueur extrême, Damien avoue une préférence pour l’atmosphère des Jeux Paralympiques. « L’ambiance y était moins oppressante et l’expérience des Jeux Olympiques nous a permis d’être incroyablement soudés dès le premier jour. »

«  Comme on m’a donné ma chance, je fais de même avec les jeunes. »

+ Transmettre pour bâtir l’avenir

Ce goût du dépassement de soi, Damien le transmet aujourd’hui à une nouvelle génération. Toujours actif dans sa ligue régionale, il encourage les jeunes du club de Tergnier à prendre des responsabilités, à grandir par l’engagement. « Comme on m’a donné ma chance, je fais de même avec les jeunes. Les voir s’investir et prendre plaisir à prolonger l’expérience est une grande fierté et ma plus belle récompense ».

+ Un modèle inspirant d’engagement

Damien Dwornik est bien plus qu’un ingénieur ou un juge olympique, il incarne une philosophie rare : celle d’un homme en mouvement, guidé par l’excellence, la transmission et la passion. Qu’il s’agisse de transformer les ateliers industriels ou de coordonner les plus grandes compétitions sportives, il nous montre que l’audace et l’engagement peuvent déplacer des montagnes.

Votre coup de cœur du moment ?

Il va aux équipes de Paris 2024, qui nous ont fait passer un merveilleux été, que ce soit dans les tribunes, devant la télé ou sur le stade !

Votre coup de colère du moment ?

Je peste régulièrement contre notre fonctionnement administratif avec trop de strates.

Votre coup de chapeau du moment ?

Je tire mon chapeau aux équipes de l’atelier wagon de Gevrey, pour leur standard de nettoyage et de rangement qu’ils maintiennent depuis plusieurs années, et qu’ils sont encore en train d’améliorer avec un effet Wahou !, même pour ceux qui connaissent le site !

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Julie VIVIANI – Référente Résilience SI – DSI M

By Octobre 2024
NUMÉRO 58 – OCTOBRE 2024

Julie VIVIANI – Référente Résilience SI – DSI M

Direction du Matériel

De la finance au numérique : le parcours inspirant de Julie Viviani

Julie Viviani démarre son parcours au milieu des chiffres. Diplômée en 2011 de l’IFAG, avec un Master en finance d’entreprise stratégie & marketing, elle poursuit son parcours en alternance chez Siemens, où elle est embauchée comme analyste financière En 2014, elle rejoint le groupe Casino Restauration, à St-Étienne, où elle explore les nouvelles opportunités d’investissement dans le snacking.

En 2015, Julie a des envies d’ailleurs et de nouveaux horizons. Elle s’envole pour Montréal, dans l’optique de changer de vie et de sortir du domaine de la finance. Objectif doublement atteint dans cette expatriation qui lui coiffe la casquette de cheffe de projet fonctionnelle dans le développement de solutions numériques, pour le monde des ressources humaines et du management. Julie découvre alors l’univers du développement et des services numériques, qui influencera fortement la suite de son parcours professionnel.

Son séjour québécois est couronné de succès, tant sur le plan professionnel que personnel, puisqu’elle fonde sa famille. En 2018, Julie revient en France, motivée par son compagnon, et commence un nouveau chapitre professionnel au sein du Groupe SNCF. Sa première mission en tant que prestataire pour la DSI Fonctions Supports est simple mais d’envergure :  il s’agit de diriger la migration des assistances RH vers ITSM ServiceNow, un portail de services unique qui a pour objectif de simplifier la vie des agents pour l’ensemble des sollicitations RH.

À la suite de ce premier succès, Julie intègre la DSI Matériel, sur le programme « Performer » afin de répondre aux enjeux et aux objectifs de mise en œuvre de la maintenance prédictive pour la DSI du Matériel et la SNCF. Il s’agit alors de procéder à une refonte globale des systèmes informatiques dédiés à la gestion de l’état opérationnel du matériel roulant.

Puis en septembre 2021, elle prend les rênes du programme « Migration Factory », toujours pour la DSI Matériel, au sein du domaine AUT – Architecture et Urbanisme Technique, dédié au bon usage et à la maîtrise des ressources informatiques. « Nous avions pour mission de migrer l’ensemble du parc applicatif de la DSI Matériel vers des infrastructures modernes. Cela a été l’occasion de faire un bilan de toutes les solutions avec les chefs de projets SI et de voir avec eux au cas par cas pour les applications les plus délicates à transférer. Ce programme s’est achevé en début d’année 2024 avec la migration fructueuse de toutes les applications qui faisaient partie du projet, en tenant compte de l’obsolescence et des potentielles failles de sécurité. »

« La DSI Matériel est celle qui a le plus évolué parmi toutes celles du Groupe SNCF »

En fin d’année 2023, Julie est recrutée par SNCF Voyageurs Matériel et rejoint le programme « Résilience » : « Ce programme est animé par la Direction Numérique du Groupe et part d’un constat : le niveau de résilience global du SI SNCF est perfectible. L’imminence des Jeux de Paris faisait peser un vrai risque de cyberattaque, il fallait agir. Le programme Résilience avait pour objectif de limiter les risques d’attaques et la propagation à tous le SI, un enjeu majeur pour le groupe. Les JOP 2024 ont été un vrai marqueur pour l’équipe, pendant de nombreux mois.
À l’intérieur de ce programme, nous avions la charge de la robustesse du SI Matériel, notamment les plans de continuité d’activité et la résilience orientée SI, cette dernière comportait beaucoup de sous-chantiers comme : la mise en place de coupe-circuits pour les applications, la capacité de faire des sauvegardes et restaurations selon les préconisations métiers… Ces sujets nous ont animés et mobilisés depuis janvier 2024 et nous sommes contents que tout se soit bien passé ! Pour autant, le projet Résilience continue. La saison 2 aura pour objectif de faire basculer dans la gouvernance nominale du groupe les meilleures pratiques de Résilience.
»

Des efforts fructueux sur d’autres plans : « Aujourd’hui, le taux de dette technique (indicateur qui mesure le niveau de dette technique des applications) de la DSI Matériel est de 10,74%La DSI Matériel est celle qui a le plus évolué parmi toutes celles du Groupe. Nous étions à plus de 20% il y a quelques mois encore ! C’est grâce aux efforts de chacun au sein de la DSI Matériel que nous avons ce très bon taux, que nous comptons améliorer encore. »

Votre coup de cœur du moment ?

Il va à mon équipe, je leur tire mon chapeau. Il y a eu un engagement vraiment exceptionnel pendant les Jeux de Paris, et même avant, pour pouvoir préparer au mieux toute cette échéance. Les travaux se sont intensifiés dès janvier 2024 et la réussite du projet Résilience s’est faite grâce à cette mobilisation intense, tant de nos producteurs numériques que de la DSI Matériel. Le pari a été réussi : SNCF Voyageurs a été à la hauteur des JOP 2024 !

Votre coup de chapeau du moment ?

Je suis très sensible à tous ceux qui arrivent à allier innovation et humanité, pour moi les deux vont de pair. Que ce soient des leaders d’un domaine ou des équipes qui surmontent ensemble un défi important, ou même des individus qui apportent un changement positif dans leur entreprise ou communauté : leur capacité à inspirer et faire une différence est admirable pour moi.

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Christophe LEROY – Responsable des Ressources Humaines

By Septembre 2024
NUMÉRO 57 – SEPTEMBRE 2024

Christophe LEROY - Responsable Ressources Humaines

Direction du Matériel

Christophe Leroy : un parcours sans plan de carrière, une réussite totale !

En 1990, avec son bac en poche, Christophe, passionné d’électronique, de robotique et d’automatisation, s’inscrit dans un BTS électrotechnique…où il n’ira finalement jamais. Embauché à la suite d’un contrat d’été dans une entreprise de robotique aux environs de Nevers, il continue à envoyer des candidatures spontanées aux entreprises du coin, dont une aux « ateliers de Vauzelles », comme on appelle le site neversois du Technicentre industriel Nevers Languedoc, à l’époque.

La candidature portera ses fruits… 5 ans plus tard ! Profitant de la transition de l’établissement, qui délaisse le diesel pour entamer l’ère de l’électrique, Christophe reçoit un appel du Technicentre : « Ils disaient faire suite à ma candidature, j’ai cru que c’était une erreur ! Mais non, ils avaient bien conservé mon CV. ». Après un entretien concluant, c’est à nouveau le silence radio. Christophe poursuit son activité, qui l’amène régulièrement dans les ateliers du Technicentre pour assurer la maintenance du banc d’essai des compresseurs. Finalement, c’est en début d’année 1997 que tout s’accélère pour Christophe. Les RH du Technicentre confirment leur intérêt et Christophe rejoint enfin, en juin 1997, la « grande maison » en tant qu’attaché opérateur sur les Z2N, où il effectue le câblage et les essais de sortie de rame.

Souhaitant évoluer, Christophe valide à distance et en trois ans un DUT puis une licence en génie électrique. Les diplômes en poche, il lui faudra être patient et persévérant « On m’a expliqué que j’avais été embauché en tant qu’opérateur et que le temps de l’évolution n’était pas encore tout à fait arrivé ». Son cursus Qualif E en 2002, réalisé en immersion durant dix mois à Lyon et dont il ressort major de promo, va galvaniser sa carrière !

2003, Christophe fait ses premiers pas de DPX. Il est en charge de l’équipe des réparations accidentelles. Puis d’autres postes de DPX s’enchaînent : DPX Locotracteurs, équipe pour laquelle les agents font la remotorisation des Y8000, puis DPX Bogies pendant 5 ans environ.

Au début des années 2010, Christophe poursuit son évolution en devenant aDUO du Pôle Activités Transverses (PAT) au TINL, qui regroupe les bogies, la maintenance, les services généraux et les mouvements. « Le Pôle PAT portait très bien son nom avec ses activités très transverses : il y avait de la SEF, du mouvement, de la maintenance, c’était très varié ! ».

Après presque 4 ans au PAT, sa progression continue. Christophe accède au poste de Responsable Qualité au sein du pôle QSE, et assure temporairement la fonction de Responsable QSE lors d’un remplacement : « C’était un poste très formateur ! ».

À la fin de cette mission, il se voit proposer le rôle de DUO Logistique industrielle et Achats : « C’était la découverte d’un nouveau métier : les agents y parlent une langue propre à la logistique et j’ai dû apprendre à maîtriser ce nouveau vocabulaire ».

« J’ai toujours changé de poste grâce à des opportunités, j’ai toujours tenté de relever les défis qui m’ont été proposés »

Finalement, en 2018, à la suite de la redéfinition des périmètres et missions des UO du Technicentre, Christophe prend la direction de l’UO Organes de roulements : « C’était une UO nouvellement créée. Nous avions envie de rapprocher les bogies et les essieux qui partagent un fort enjeu SEF. Mon expérience en Qualité et ma connaissance des bogies ont été des atouts. Ça a également été l’occasion de mettre en place une structuration de l’UO, qui perdure encore aujourd’hui, comme quoi, nous avions eu le nez creux ! »

Après avoir occupé deux postes de DUO, la question de « la suite » se pose naturellement. C’est à ce moment-là, en 2022, que Christophe reçoit l’offre de devenir Responsable des Ressources Humaines (RRH) du TINL.  « Le CODIR cherchait quelqu’un qui avait la possibilité de travailler de manière plus efficace, en opérationnel, avec les différentes UO. Le fait d’avoir vu de nombreuses facettes de l’établissement était un avantage. Mais j’ai senti une vraie mutation en passant à RH, ma voix n’est pas perçue de la même manière ! »

Un parcours impressionnant : de qualifié B à Responsable des Ressources Humaines, et cela sans avoir suivi de plan de carrière prédéfini. « J’ai toujours changé de poste grâce à des opportunités, j’ai toujours tenté de relever les défis qui m’ont été proposés. Prendre une unité mécanique, par exemple, quand on est électricien, ça a été mon premier challenge. Et puis on comprend, au fur et à mesure des expériences, qu’en plus de la technique, on nous attend surtout sur l’organisation et le management. Peut-être que le fil conducteur de mon parcours a été le fait de vouloir être à la hauteur de la confiance qu’on m’a témoigné en me proposant des postes. »

Votre coup de cœur du moment ?

Il s’agit de l’humoriste Verino.

Votre coup de chapeau du moment ?

Il va à ce que toute l’équipe RH du TINL met en place collectivement pour trouver les effectifs à recruter pour l’établissement. Cela nous prend une énergie folle !

L’équipe travaille d’arrache-pied pour trouver des gens motivés ou ayant les bonnes compétences dans un bassin d’emploi qui est sous tension – le hasard a beaucoup d’humour car les profils de dépanneurs électriques recherchés en priorité aujourd’hui sont les mêmes que mon profil lorsque je suis entré dans l’entreprise !

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Jérôme Benazet – Responsable processus de maintenance et SI

By Juillet 2024
NUMÉRO 56 – JUILLET 2024

Jérôme BENAZET - Responsable processus de maintenance et SI

Ingénierie du Matériel

Jérôme Benazet : apprendre pour comprendre

C’est en 2012 que Jérôme découvre le Matériel, en entrant au Technicentre de Maintenance de Villeneuve, où il fait le tour de l’ensemble des métiers, en commençant par les Méthodes et la planification. Il y côtoie tous les types de matériel roulant (ou presque !) : Transilien, Intercités, TER, FRET et Infra. En 2015, un stage DPX au Technicentre Est-Européen lui permet de faire la découverte du TGV mais aussi du management : « Après une semaine de passation avec le DPX, je me suis retrouvé seul face à l’équipe. C’était très formateur ! » explique Jérôme.

Fort de cette expérience, il revient au Technicentre de Villeneuve pour deux ans en tant qu’ADUO Proxifret, puis met le cap sur le Technicentre Sud-Est-Européen pour devenir DUO Confort-propreté, puis Circuit court propreté. A la faveur d’un regroupement de stations de maintenance, son poste se concentre sur Paris et Montpellier, avec deux plans de transports et donc deux cadencements différents, un vrai challenge !

Après 10 ans de production en Technicentre, Jérôme n’a qu’une question en tête : qui sont ceux qui écrivent les documents de maintenance ? Et pourquoi les écrivent-ils comme ça ? Afin de trouver la réponse à ses questions, il pousse la porte de l’Ingénierie du Matériel et dépose, fin 2021, ses bagages à MDI où il est en charge des processus de maintenance mais aussi des SI (systèmes d’information) qui permettent de réaliser la maintenance. « Comme quand j’ai découvert les contraintes en tant que DUO Confort-Propreté, je me doutais que l’Ingénierie avait elle aussi ses contraintes et je voulais les découvrir. Au bout de deux ans maintenant, je vois bien que l’Ingénierie a en effet ses normes, ses contraintes, ses règlementations… Ce sont des choses qu’on voit un peu moins sur le terrain. Avec mon expérience, j’essaie de simplifier les processus quand cela est faisable et de réduire les irritants que je pouvais retrouver en prod en Technicentre de maintenance. » éclaire Jérôme.

« Mon périmètre est plutôt généraliste : on explique comment on fait de la maintenance en Technicentre de Maintenance et en Supervision Technique de Flotte. Nous standardisons dans l’équipe le plan de chaînage, la coordination de production, la planification, les méthodes… On écrit les process, les fiches missions, on fait ensuite le lien avec les systèmes d’information, on se déplace sur le terrain, on forme et on accompagne. Aujourd’hui, on ouvre un nouveau volet avec les sociétés dédiées : on les aide à écrire leurs processus en apportant nos conseils et notre expertise. Nous formons également leur personnel, qui est en reconversion interne ou qui vient de l’extérieur. »

Multiples missions, multiples casquettes, multiples interlocuteurs… des journées bien remplies pour Jérôme qui sait pouvoir compter sur son équipe, une vingtaine de collègues, tous experts dans leur domaine respectif.

Cependant, Jérôme a décidé de se lancer dans un nouveau challenge : l’obtention d’un Mastère spécialisé en systèmes de transports ferroviaires et urbains, auprès de l’école des Ponts et Chaussées, depuis septembre dernier. Un Mastère ouvert à toute personne travaillant dans le milieu ferroviaire… mais aussi urbain « une autre façon de faire du chemin de fer, avec une autre vision ! » résume Jérôme.

« Je me suis lancé dans l’obtention d’un Mastère spécialisé en systèmes de transports ferroviaires et urbains »

« C’était une opportunité qui m’a été proposée et, après réflexion, je l’ai acceptée. Ensuite, il y a eu une phase de sélection en interne, car l’opportunité est ouverte à tous, toutes SA confondues, pour 4 à 5 places maximum. C’est très engageant, car notre hiérarchie est également impliquée dans le processus de sélection. Je n’aurais pas pu le faire en étant en opérationnel, car il a fallu s’organiser pour couvrir mes périodes à l’école et enchaîner avec le travail personnel le week-end.

Et puis, après douze ans de maintenance, je sais qu’il y a autre chose que l’Ingénierie, il y a aussi l’exploitation et l’infrastructure. Avec les appels d’offres, il y a beaucoup de choses qui changent je sais qu’il n’y aura pas que SNCF, dans ce domaine. Il y a Alstom, Siemens, RATP, Kéolis… D’aller voir comment eux aussi se préparent et quels sont leurs niveaux, c’était l’occasion avec ce Mastère et c’est également très instructif » détaille Jérôme.

Après le parcours académique terminé en juin, c’est un été studieux qui s’annonce pour Jérôme avec la rédaction d’une thèse, afin de décrocher le précieux sésame. Le tout en assurant la continuité de service côté SI pour son périmètre pendant la période des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris : « C’est une bonne année ! Après les Jeux de Paris, je rends ma thèse en octobre, puis viendront les premières circulations pour Sud Azur, Sud Hauts-de-France et Loire Océan. On anticipe déjà le SAV de ces sociétés dédiées en janvier. C’est chargé mais passionnant ! » sourit Jérôme.

Votre coup de cœur du moment ?

Il s’agit du film « Top Gun ». Il m’a plu par son sujet, ses images et la thématique de l’aéronautique.

Votre coup de chapeau du moment ?

Je le donne à Rachel Picard, qui nous repousse dans nos retranchements en voulant lancer sa compagnie de trains.

Elle l’avait dit il y a un an et tout le monde s’était moqué d’elle.

Un an plus tard, elle a un milliard d’euros et annonce vouloir acheter 15 rames TGV M. Ce n’est pas une ancienne Directrice Générale de Voyageurs pour rien, cette dame ! Et même si elle a été critiquée, elle revient et je pense qu’elle va y arriver. C’est impressionnant quand on sait que Railcoop et Midnight train ont récemment mis la clef sous la porte.

Focus sur le Mastère spécialisé Systèmes de transports ferroviaires et urbains

Créé en 2008 par l’Ecole des Ponts et Chaussées, cette formation pluridisciplinaire propose une vision d’ensemble du système ferroviaire et urbain, intégrant les aspects techniques, économiques et règlementaires. Les étudiants y apprennent à concevoir, exploiter et maintenir les différents transports guidés, qu’il s’agisse de trains, de métros, de tramways ou de Bus Rapid Transit (BRT), leurs infrastructures, ainsi que le mass-transit. Ils sont encadrés par une équipe de 160 professionnels du monde du transport.

Le diplôme confère aux élèves le titre d’ « experts internationaux en systèmes de transports ferroviaires et urbains », reconnu par le Registre national des compétences professionnelles (RNCP).

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Eric JOURDAN – Supplier performance manager

By Mai 2024
NUMÉRO 54 – MAI 2024

Eric JOURDAN - Supplier performance manager

Centre de Logistique Intégrée

Eric Jourdan : le diplomate des fournisseurs

Les missions délicates dans le monde industriel, Eric Jourdan en a fait son quotidien : après une décennie passée dans le secteur du nucléaire (branche retraitement) en qualité d’automaticien, il participe à la mise en service de machines d’envergure dans le cadre de productions de ligne sur le site de la Hague (Manche) puis Melox dans le Sud de la France. Envie de changement et d’évolution, Eric se tourne vers le management dans l’industrie grande série. D’abord sur le secteur de l’électroménager en tant que Responsable d’unité puis chez un équipementier très connu dans l’automobile. A la faveur d’une opportunité de découverte et d’un rapprochement familial, Eric Jourdan entre à la SNCF, au Technicentre industriel Nevers Languedoc en 2010, où il découvre la base du Matériel : le contact roue-rail, en qualité de DPX Essieux.

De Nevers à la région parisienne, il n’y a qu’un train, et… plusieurs postes en Technicentre de maintenance à la clé. La découverte du Matériel se poursuit : coordinateur qualité au sein du Pôle QSE du Technicentre de Maintenance de Paris-Saint-Lazare, RAC (responsable amélioration continue) au Technicentre de Maintenance de Trappes-Montrouge, puis chef de projet établissement sur le CBM pour les Régio2N (condition-based maintenance (maintenance conditionnelle, en français)) et Banc de mesure ESSIEUX, qui lui ouvre les portes des projets collaboratifs, notamment avec l’Ingénierie du Matériel.

Cette coopération, ce partage d’expérience, de savoir-faire sont la clé de voûte de son poste de Supplier performance manager (soit manager de la performance des fournisseurs) au CLI (Centre de Logistique intégrée), dans l’équipe Performance des fournisseurs externes, depuis octobre 2023. Sa mission : suivre efficacement les fournisseurs externes défaillants, particulièrement ceux ayant un taux de service très bas depuis plus de six mois. Cet indicateur et ce suivi au plus près est crucial pour anticiper au mieux les difficultés que rencontrent nos fournisseurs et éviter de mettre à l’arrêt notre production, en décalant les livraisons de pièces pour maintenir les trains.

Son rôle de vigie est stratégique.

En déclenchant un audit opérationnel chez un fournisseur déficient, Eric analyse le cycle des étapes entre la réception de la commande et l’expédition de la pièce ciblée. Plusieurs paramètres sont ainsi passés en revue et au crible : interface client, planification, achats, gestion de l’atelier, flux physiques… « J’effectue mes visites avec bienveillance ! Je n’ai pas que la mission de débusquer d’éventuelles difficultés, je montre aussi que le Matériel est présent physiquement sur le terrain, que nous sommes à l’écoute de nos fournisseurs afin de créer plus de liens avec eux. Mais si nous sommes à l’écoute, nous avons également des exigences et cette présence chez eux permet de dialoguer et suivre nos pièces dans leur process. Une relation de partenariat ou chacun a besoin de l’autre. Cette démarche est très bien perçue car c’est du donnant-donnant. Le fournisseur peut profiter de l’occasion pour nous faire des remontées et renforcer la collaboration entre nos deux entités. »

« Je suis là pour prendre en compte les problématiques tout en mettant de l’huile dans les rouages ! »

La crise Covid a d’ailleurs chamboulé les habitudes de travail des fournisseurs : « De nouveaux cas de figure sont apparus : rachats d’entreprises, carnets de commandes qui explosent et qui sont difficiles à canaliser, difficultés à s’approvisionner en matières premières, affermissement de la gestion de fournisseurs historiques qui se sentent un peu trop en terrain conquis, réponses à certaines urgences des TI… Je suis là aussi pour prendre en compte ces problématiques, les aider et les soulager … tout en mettant de l’huile dans les rouages ! »

Eric n’est pas le seul interlocuteur des fournisseurs : « Je suis au service des RFE – responsables fournisseurs externes – qui gèrent le carnet de commandes. Je peux être leur relais en local et ils peuvent même m’accompagner à l’occasion de mes audits. Il est important qu’il y ait de la cohésion au sein de nos équipes et que nous partagions le même angle de vue face au fournisseur. Il existe un partage fort avec les achats, les achats stratégiques, la qualité et les services ingénierie afin de montrer au fournisseur notre cohérence. Mais je ne veux pas paraître comme l’interlocuteur principal auprès du fournisseur externe, je veux que les RFE restent en pole position dans le suivi des actions. Moi, j’agis quand un couac apparaît, pour gérer la crise, monter le plan d’actions et pour faciliter la résolution des problèmes. »

Dijon, Clermont-Ferrand, Belfort, Orléans, Chartres, Brive, Nevers, Albi… « Je suis sur la route une fois par semaine, mais ça fait partie du deal de cette mission ! Il faut être mobile, être présent et aller au contact des fournisseurs, et montrer qu’on est là, sur la durée : comme on dit « Loin des yeux, loin du cœur ! », afin que nous soyons servis en temps et en heure, et toujours en qualité ! »

Votre coup de cœur du moment ?

Il va à Lando Norris, un pilote de F1 qui a remporté sa première victoire au Grand Prix de Miami début mai, avec MacLaren ! C’est un jeune qui a beaucoup de talent et c’était une victoire bien méritée !

Votre coup de colère du moment ?

Un peu de politique… les incohérences décisionnelles de nos dirigeants politiques.

Votre coup de chapeau du moment ?

Je dirais 2 coups de chapeau !

Tout d’abord à l’équipe du CLI et tout le travail qu’elle fournit au quotidien. Dans notre entité, nous avons des métiers qu’on ne connaît pas forcément, ou très peu. Je les découvre et j’apprécie de pouvoir les vivre en coulisses, de voir ce qu’il se passe lorsque l’on commande des pièces. Le CLI se réinvente au quotidien, dans sa relation avec les différentes entités et les fournisseurs, les agents se donnent au maximum. Pour eux, c’est une véritable bataille au quotidien !

Un coup de chapeau également aux équipes projet OPTER, que j’ai pu côtoyer à Saint-Pierre-des-Corps. Ils font un travail remarquable et sont d’une grande compétence, avec cette envie de rendre leur travail le plus parfait possible.

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Ryan MICHAUD – Assembleur en ingénierie de soutien

By Avril 2024
NUMÉRO 53 – AVRIL 2024

Ryan MICHAUD - Assembleur en ingénierie de soutien

Cluster d'Ingénierie Sud

Ingénieur généraliste de formation, et actuellement assembleur en ingénierie de soutien pour le Cluster d’Ingénierie Sud, Ryan Michaud carbure au café et l’énergie positive.  Rencontre avec un ingénieur perspicace, convaincu que les innovations ne viennent pas du génie individuel, mais des efforts collaboratifs alimentés par une vision commune et une curiosité incessante.

« C’est l’amour qui m’a fait traverser l’Atlantique ! », explique Ryan Michaud en riant. Né au Canada (dans la province d’Ontario), rien ne le prédisposait à rejoindre SNCF, de l’autre côté du globe. Et pourtant ! En ayant grandi dans l’atelier de son père qui faisait la maintenance de grands engins de chantiers et avec une appétence toute particulière pour la physique, Ryan prend tout naturellement le chemin d’une école d’ingénieurs au Canada et choisit de rester en filière généraliste : « Je n’avais pas envie de me limiter à un seul domaine d’expertise », explique-t-il.

À son arrivée en France, Ryan teste plusieurs métiers : la conception d’automatismes pour la pétrochimie, la simulation multiphysique pour un éditeur de logiciels… Il prépare même l’agrégation en génie électrique pour devenir professeur. Une expérience qui sera de courte durée : « Au bout de 4 mois d’enseignement, j’ai compris que ça n’était pas pour moi ! »

C’est alors qu’il a l’opportunité de rejoindre SNCF via l’Ingénierie du Matériel, en 2018. « Pour moi c’était une chance de pouvoir travailler au sein d’une entreprise qui œuvre à décarboner nos activités ». Et de pouvoir retourner en enfance en retrouvant les « sacro-saints » moteurs : il débute ainsi sa carrière comme spécialiste technique des moteurs auxiliaires puis intègre l’équipe vie-série des locomotives : « C’était très intéressant d’être exposé aux contraintes opérationnelles des Activités ». Il réalise ensuite un stage en production au Technicentre industriel de Vénissieux, avec un focus sur les problèmes de moteurs de traction SM 47, l’un des moteurs des TGV synchrones.

Depuis 2021, il a rejoint le Sous-système Puissance du Cluster d’Ingénierie Sud en qualité d’assembleur ingénierie de soutien. Un métier aux fonctions transverses : chiffrage pour les demandes externes de MASTERIS, conduite de sujets pour les ICC (Bureaux d’études), conduite de Résolutions Structurée de Problèmes et projets de Recherche & Développement sont au programme, soit un quotidien aussi rempli que diversifié.
Deux projets R&D le mobilisent particulièrement :

  • Fine Pitch : un outil détectant les défauts dans les brasures sur les cartes électroniques avec l’appui de l’IA (intelligence artificielle)
  • CBM (condition-based maintenance) appliquée aux moteurs : un changement de paradigme dans la maintenance des moteurs, basé sur l’état de santé de l’organe (déterminé à l’aide de capteurs et d’algorithmes) pour ajuster au mieux la maintenance, tant en temps qu’en coût

Son ambition : développer rapidement ces 2 projets pour en faire de vrais outils, utiles et adaptés pour les agents de production.

« Le facteur humain influence sur tout ! »

Son credo :
« Je m’intéresse énormément au facteur humain, qui influe littéralement sur tout ! Pour un problème donné, il existe un premier niveau de système, le système technique (par exemple, l’alliance d’un moteur). Il faut que ca marche ! Ensuite, il faut que la solution intègre les facteurs humains (ergonomie, interface graphique) pour que les agents aient envie de l’utiliser ! Et, en plus, la solution doit répondre aux critères économiques et être compatible avec l’organisation opérationnelle de l’entreprise. En fin de compte, c’est une approche système que j’utilise dans mes projets, où l’humain garde une place centrale. ».

« À SNCF Voyageurs, nous sommes à l’intersection de la technique et d’un service écologique, avec beaucoup de sujets pointus sur l’électrique, les moteurs… Nous avons la possibilité de pouvoir utiliser des technologies avancées à des fins vertueuses tout en rendant un service écologique, et ça, ça rejoint pleinement mes valeurs. »

Votre coup de cœur du moment ?

L’évolution fulgurante de l’IA générative. Elle va changer beaucoup de choses et dans pas très longtemps !

Votre coup de colère du moment ?

Je suis énervé qu’on n’ait toujours pas réussi à enrayer la hausse des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Votre coup de chapeau du moment ?

OpenAI pour nous avoir projetés dans cette nouvelle ère et pour avoir rendu l’IA accessible à tous !

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Nicolas GRUSON – Opérateur de maintenance moteurs de portes

By Mars 2024
NUMÉRO 52 – MARS 2024

Nicolas GRUSON - Opérateur de maintenance moteurs de portes

Technicentre industriel de Rennes

Le handicap n’est pas un frein, le handicap n’empêche rien !

Casser les préjugés et changer de regard sur le handicap. Le portrait tout en retenue de Nicolas Gruson est l’occasion de déconstruire les stéréotypes et de passer outre son handicap. Son intégration réussie au TI de Rennes démontre que l’inclusion est possible.

Aujourd’hui, Nicolas Gruson est un homme épanoui, opérateur depuis 3 ans au Technicentre industriel de Rennes, où il est en charge de la maintenance des moteurs de portes pour tous les types de trains. Un métier qu’il peut exercer dans le confort d’un poste adapté en raison d’un handicap invisible : « La maladie de Crohn m’a été diagnostiqué à l’âge 12 ans ; cette inflammation chronique provoque maux de ventre, pertes d’appétit, périodes de déprime et de la fatigue. Malgré cet obstacle, j’ai toujours refusé d’y voir une fatalité. Je me suis battu pour intégrer SNCF : ce ne fut pas un « long fleuve tranquille », mais je n’ai rien lâché ! » explique Nicolas.

Il a toujours souhaité intégrer la SNCF et être conducteur de train, une ambition malheureusement incompatible avec sa maladie. Qu’à cela ne tienne, Nicolas décide de « mettre le pied dans la porte » et découvre le métier d’agent d’accueil en gare de Marseille Saint-Charles, en décembre 2017, grâce à un contrat saisonnier.
Un premier contrat qui le convainc : il intégrera la SNCF coûte que coûte !

Après une expérience de peintre en bâtiment, il entame des recherches personnelles et fait la découverte du dispositif « Hantrain ».

Ce dispositif « made in SNCF » permet à des personnes en situation de handicap de pouvoir suivre une formation en alternance pour intégrer la SNCF via des métiers spécifiques, avec des conditions de travail adaptées aux collaborateurs en situation de handicap. C’est la révélation pour Nicolas : « ce parcours m’offrait la possibilité de développer de nouvelles compétences dans un secteur qui m’a toujours attiré ». Après un entretien en 2019 où il est orienté vers les métiers de la maintenance, il démarre sa formation en alternance, en septembre 2020, au TI de Rennes, dans le secteur des freins.

Une alternance qui se déroule très bien, à tel point que Nicolas est embauché en 2021 au sein du TI de Rennes, dans son équipe de freinistes. « J’étais habitué à avoir des refus des employeurs par rapport à mon handicap. Ici, j’ai pu bénéficier du confort d’avoir un poste aménagé pour ne pas être dérangé et avoir le confort qui me permet de travailler sereinement »

Et avec les collègues ? « Cela fait 20 ans que je souffre de la maladie, donc je l’aborde naturellement au cours des discussions. Je n’ai pas de complexe à en parler, mais comme c’est un handicap invisible, ce n’est pas forcément le premier sujet de conversation qui vient quand on m’aborde ! »

Le handicap n’empêche rien et Nicolas en est la preuve !

Votre coup de cœur du moment ?

Dans le cadre de mon métier et de mon ancien parcours de freiniste, je vais être formé à la maintenance des vieux engins, notamment ceux qui font partie du patrimoine ferroviaire.
C’est quelque chose dont je suis très fier !

Je vais notamment travailler sur les robinets de mécanicien. Ça rejoint mon amour du travail bien fait et ma curiosité à comprendre le fonctionnement de mécanismes.

Votre coup de chapeau du moment ?

C’est le dispositif Hantrain !

Sans cela, je ne serai pas en poste aujourd’hui à la SNCF. Ce parcours m’a permis de m’intégrer dans la vie professionnelle, de reprendre confiance en moi et d’apprendre un nouveau métier.

Par ailleurs, l’alternance dans le cadre du dispositif Hantrain permet d’avoir accès à un coach de vie, ce que j’ai beaucoup apprécié.
Avant d’entrer à la SNCF, j’étais timide et réservé. Aujourd’hui, je suis nettement plus ouvert

Le dispositif a été créé en 2012, dans le cadre de la politique d’inclusion du groupe SNCF Il permet notamment de faciliter l’embauche de personnes en situation de handicap sur des postes spécifiques, avec aménagement de conditions de travail. Actuellement, le dispositif n’est pas en service au sein de Matériel Industriel mais deux promotions sont en cours de formation en 2024 :

  • Une personne au TEE qui est en apprentissage pour devenir agent de maintenance

  • Une promotion au sein de Transilien pour des agents commerciaux en charge de la médiation avec les clients

Depuis 2012, le dispositif Hantrain a permis de réaliser 162 embauches, sur des postes « cœurs de métier » de la SNCF : opérateur de maintenance caténaire, aiguilleur du rail, agent commercial voyageur, ingénieur cyber-sécurité, technicien de maintenance industrielle ou encore agent de médiation information service.

 Pour en savoir plus :

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